Le Maroc siègera au premier rang lors de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, prévue en septembre 2026 à New York. Ce privilège protocolaire, obtenu par tirage au sort le 2 juin, place le Royaume devant les 192 autres États membres dans l’hémicycle onusien, conformément à une pratique établie par le Secrétariat général.
Le tirage au sort a été supervisé par le Secrétaire général Antonio Guterres, lors d’une séance plénière consacrée à l’organisation des travaux de la future Assemblée. Ce même scrutin a désigné le diplomate bangladais Khalilur Rahman comme président de la 81e session. Les États membres ont également élu les vice présidents, parmi lesquels figurent les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, ainsi que l’Afghanistan, l’Égypte et le Gabon.
L’attribution des sièges dans l’hémicycle de l’Assemblée générale suit une rotation annuelle par tirage au sort, sans enjeu politique direct. Pourtant, cette procédure technique prend une résonance particulière lorsqu’elle désigne un pays africain actif sur la scène diplomatique. Depuis plusieurs années, le Maroc capitalise sur son positionnement modéré dans les instances multilatérales, notamment sur les dossiers migratoires, sécuritaires et de coopération Sud Sud, tout en gérant des tensions persistantes autour du Sahara occidental.
Au delà du symbole, cette place de premier rang offre une visibilité réelle au Maroc pendant toute la durée de la session. Le Royaume pourra intervenir en premier lors des débats généraux et figurera en tête des listes protocolaires, un avantage non négligeable pour capter l’attention des médias et des autres délégations. Dans un contexte de multiplication des sommets parallèles et des initiatives africaines menées par Rabat, cette exposition pourrait faciliter le portage de ses priorités diplomatiques, notamment sur la réforme du Conseil de sécurité et l’accès aux financements climatiques.
L’Assemblée générale reste l’espace multilatéral le plus inclusif du système onusien, où chaque État, du plus petit archipel à la plus grande puissance, dispose d’une voix égale. Le protocole, souvent perçu comme anecdotique, conditionne pourtant les dynamiques de réseautage et les opportunités de déclarations politiques. Un responsable africain présent à New York souligne, sous couvert d’anonymat, que « la place assise n’est jamais neutre : elle détermine les rencontres informelles et les marges de manœuvre dans les couloirs ».
En obtenant le premier siège, le Maroc ne gagne aucun droit supplémentaire ni pouvoir décisionnel. Mais il bénéficie d’un levier d’attention rare dans une institution souvent critiquée pour son inertie. Pour un pays qui mise sur la diplomatie d’influence comme outil stratégique, ce rang protocolaire est une carte supplémentaire. Reste à savoir si Rabat saura transformer cette visibilité éphémère en gains politiques concrets, là où d’autres capitales, avant lui, n’ont guère tiré profit d’un simple tirage au sort.



