La Belgique n’a pas fait de détail. Face aux États-Unis, coorganisateur de ce Mondial 2026, les Diables rouges ont livré une partition autoritaire pour s’imposer 4 à 1 et valider leur billet pour les quarts de finale. Portés par un doublet de Charles De Ketelaere et un quatrième but en fin de match signé Romelu Lukaku, les Belges ont puni une équipe américaine apathique, incapable de répondre à l’intensité et à la maîtrise collective de son adversaire. Ils retrouveront désormais l’Espagne, prévenue de la forme étincelante de cette sélection revenue de très loin en huitièmes de finale.
La rencontre a tourné à la démonstration dès les premières secondes. Il n’a fallu que cinquante secondes à Timothy Castagne pour tester Matt Freese, avant que Charles De Ketelaere, à la 9e minute, ne profite d’une défense américaine statique pour ouvrir le score. Malgré l’égalisation américaine sur un ballon dévié par Hans Vanaken à la 31e minute, la réaction belge fut immédiate : De Ketelaere, servi par Trossard, reprenait de la tête pour redonner l’avantage deux minutes plus tard. En seconde période, Vanaken, auteur d’un but opportuniste, et Lukaku, en toute fin de match, ont achevé des Américains dépassés. Avec 11 tirs dès le premier acte, les Belges ont imposé leur rythme et leur supériorité technique, laissant peu d’espoir à des États-Unis en manque d’idées.
Cette qualification intervient dans un contexte particulier. Les Diables rouges arrivaient en huitièmes de finale avec l’étiquette de miraculés, après un seizième de finale poussif face au Sénégal où ils avaient frôlé l’élimination. Mais c’est sans doute le sentiment d’une injustice qui les a animés : Folarin Balogun, l’attaquant américain de Monaco, était autorisé à jouer malgré un carton rouge reçu en seizièmes, une décision arbitrale qui avait suscité l’incompréhension dans le camp belge. Loin de se laisser perturber, Rudy Garcia, le sélectionneur, avait promis un meilleur départ, et ses joueurs ont respecté la consigne à la lettre. La Belgique, souvent critiquée pour son manque de caractère dans les grands rendez-vous, a cette fois affiché une sérénité et une audace qui changent la donne.
Ce succès envoie un signal fort à la concurrence. En quarts de finale, la Belgique affrontera l’Espagne, favorite naturelle du tournoi, mais les Diables rouges, libérés de la pression, abordent cette affiche avec un capital confiance bien différent de celui des tours précédents. La capacité à enchaîner les performances, la solidité défensive retrouvée et l’efficacité offensive incarnée par De Ketelaere et Lukaku en font un adversaire redoutable. L’Espagne, prévenue, devra se méfier d’une équipe qui, après avoir surmonté l’adversité, semble avoir trouvé son équilibre au meilleur moment.
Du côté des États-Unis, c’est une désillusion. Porteur du brassard de capitaine, Folarin Balogun espérait incarner le renouveau offensif de Team USA sur ses terres. Mais son bilan est cruel : une occasion manquée en première période, une autre en face-à-face avec Courtois à la 81e minute, et peu d’influence réelle sur le jeu. Mauvaise nouvelle pour les supporters locaux, cette élimination précoce pourrait relancer les critiques sur le projet de Mauricio Pochettino, dont l’équipe n’a jamais su mettre en place son pressing habituel, subissant la domination belge. Reste à savoir si le président Donald Trump, ami de Gianni Infantino, commentera cette défaite, mais les Américains n’ont cette fois aucune contestation à formuler sur le terrain.
Cette performance tient aussi d’une résilience collective remarquable. Après la sortie prématurée d’Amadou Onana sur blessure (17e), entré en jeu, Hans Vanaken a non seulement remplacé son coéquipier avec autorité, mais il a également inscrit un but et provoqué l’égalisation adverse. Loin de déstabiliser les Belges, cet imprévu a renforcé leur détermination. L’entrée de Lukaku et Doku en fin de match, saluée par le public, a apporté le surcroît de puissance qui a achevé les Américains. Cette profondeur de banc et cette capacité à rebondir après les coups du sort donnent à cette Belgique une dimension nouvelle, celle d’une équipe prête à aller loin, peut-être jusqu’à bousculer les cadres européens.



