Le Malawi a écrit l’une des plus belles pages de son histoire footballistique en se qualifiant pour la finale de la Coupe d’Afrique des Nations féminine 2026, mercredi à Rabat. Face à une équipe d’Algérie pourtant favorite, les Malawites se sont imposées sur le score sans appel de 3 buts à 1, confirmant leur statut de révélation du tournoi. Une première participation qui se mue en rêve de titre, tandis que les Algériennes, qui avaient atteint les quarts de finale en 2024, voient leur parcours s’arrêter aux portes de la consécration.
La rencontre a été marquée par la supériorité offensive du Malawi et la fébrilité inattendue de la défense algérienne, qui n’avait encaissé que deux buts avant cette demi-finale. Dès l’entame, les coéquipières de Tabitha Chawinga ont mis la pression, obligeant la gardienne algérienne Chloé N’Gazi à s’employer à deux reprises en début de match. L’expulsion précoce de Morgane Belkhiter, à la 21e minute, après recours à la vidéo, a changé la donne. Tabitha Chawinga a ensuite ouvert le score d’un retourné acrobatique à la 33e minute, avant que sa sœur Temwa n’ajoute un second but juste avant la pause, pliant déjà le sort de la confrontation.
Ce duel inédit à ce stade de la compétition oppose deux trajectoires diamétralement opposées. L’Algérie, portée par son sélectionneur Farid Benstiti, s’appuyait sur une défense de fer et une attaque réaliste pour espérer décrocher un premier titre continental. De l’autre côté, le Malawi dispute sa toute première phase finale de CAN. Porté par un duo d’attaque exceptionnel, les sœurs Chawinga, évoluant respectivement au Paris Saint-Germain et à l’OL Reign, le Malawi a déjà démontré qu’il ne relevait pas de la simple anecdote en inscrivant neuf buts en quatre matchs avant cette demi-finale. L’avertissement de Benstiti sur la nécessité d’être “un rempart” face à cette attaque n’a pas été entendu par ses joueuses.
La finale, qui se tiendra le samedi 15 août, offre au Malawi une opportunité historique de remporter le titre dès sa première participation, une performance rare dans le football africain. Pour l’Algérie, l’heure est au bilan : une quatrième place ou une médaille de bronze, selon l’issue du match pour la troisième place contre le perdant de l’autre demi-finale, ne saurait masquer les lacunes affichées dans ce dernier carré. Les Fennecs devront rapidement digérer cette déception et corriger leurs errements défensifs pour espérer rivaliser avec les toutes meilleures nations du continent dans le futur.
Les sœurs Chawinga ont une nouvelle fois été les artisans majeurs de ce succès. Tabitha, auteure d’un doublé, a fait preuve d’une puissance et d’une technique qui ont mis à mal la défense algérienne, notamment sur son deuxième but où elle a traversé tout l’axe avant de tromper la gardienne. La discipline de l’équipe malawite a cependant été ternie par l’expulsion de Rose Kadzere en fin de première période, réduisant les deux équipes à dix. Un incident qui n’a pas entamé la détermination des joueuses du Malawi, qui ont su gérer la fin de match avec intelligence, prouvant que leur parcours ne doit rien au hasard mais tout à une cohésion d’équipe et à un talent individuel de classe mondiale.
La performance du Malawi interroge sur la hiérarchie historique du football féminin en Afrique. En atteignant la finale pour leur première CAN, les Malawites bousculent les codes et placent la barre très haut pour les nations établies. L’Algérie, qui pensait avoir franchi un palier, devra repenser son approche des grands rendez-vous, où la pression et les détails font la différence. Ce match a démontré que la CAN 2026 n’est plus la chasse gardée des nations traditionnelles du continent, mais un terrain de jeu où l’audace et le talent, comme celui des Chawinga, peuvent réécrire le scénario prévu.



