Pékin et Libreville veulent approfondir leur coopération minière et sécuritaire après la rencontre entre Xi Jinping et Brice Clotaire Oligui Nguema.
Pour le Gabon, l’enjeu est aussi de transformer davantage ses ressources sur place et d’attirer des investissements industriels.
La Chine et le Gabon ont annoncé, le 6 novembre 2026 à Pékin, un renforcement de leurs relations à l’occasion de la visite d’État du président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema. Reçu par Xi Jinping, celui-ci a convenu avec son homologue d’élever leur partenariat au rang de « communauté d’avenir partagé pour la nouvelle ère », selon la terminologie diplomatique chinoise. Les mines, les investissements et la sécurité figurent parmi les priorités affichées.
Le volet minier dépasse la seule extraction. Dans leur déclaration conjointe publiée par Xinhua, les deux gouvernements souhaitent développer la prospection géologique, l’exploitation, la transformation locale et les infrastructures associées. Le document mentionne également un protocole d’entente sur la coopération géologique et minière. Pékin affirme vouloir aider Libreville à faire de ses ressources naturelles un moteur de développement. Il ne précise toutefois ni montant d’investissement, ni nouvelle concession, ni calendrier de réalisation industrielle.
Ce rapprochement concerne un acteur majeur du marché mondial du manganèse. Selon le Service géologique des États-Unis, le Gabon était en 2024 le deuxième producteur mondial, avec environ un quart de la production. Le secteur compte déjà des entreprises chinoises, aux côtés de Comilog, filiale du groupe français Eramet. L’intérêt de Pékin s’inscrit donc dans une présence économique existante, que les engagements annoncés pourraient élargir.
Pour Libreville, la perspective centrale reste la transformation locale. Les autorités ont annoncé l’interdiction des exportations de manganèse brut à compter du 1er janvier 2029, afin d’accroître les retombées industrielles et les emplois sur le territoire. La concrétisation de cette ambition dépendra notamment des investissements et de l’approvisionnement énergétique. Un protocole distinct conclu avec Eramet en juillet 2026 prévoit ainsi l’étude de projets de transformation, dont la viabilité reste conditionnée, entre autres, à l’accès à l’énergie.
Sur le terrain sécuritaire, les deux pays prévoient de rapprocher leurs armées et leurs services chargés de l’application de la loi. La déclaration évoque la formation, les équipements, les technologies et le soutien médical militaire. Elle prévoit aussi une coordination pour protéger leurs ressortissants, institutions et projets respectifs. Ces engagements dessinent un approfondissement de la coopération, sans annoncer l’installation d’une base militaire chinoise au Gabon.
Le partenariat comporte enfin une dimension politique et sociale. Pékin et Libreville entendent multiplier les échanges entre gouvernements, partis, parlements et collectivités locales, tout en renforçant leur coopération dans l’éducation et la santé. L’ensemble constitue un cadre diplomatique élargi. Pour en mesurer les effets économiques, il faudra désormais examiner les projets financés, les capacités de transformation effectivement créées et les emplois générés au Gabon.



