Un étudiant international ivoirien de 28 ans est mort asphyxié par les gaz d’échappement de son propre véhicule à Montréal, en raison d’une défectuosité du système antipollution. C’est la conclusion du rapport de la coroner Mylène Servant, qui écarte formellement toute intervention extérieure ou acte suicidaire.
Mohamed Alexandre Coulibaly, résidant à Trois Rivières, avait quitté son logement le 14 janvier 2026 pour rejoindre une personne rencontrée en ligne à Montréal. Sans nouvelles de lui, ses colocataires signalent sa disparition le 18 janvier. Son corps est retrouvé trois jours plus tard dans son véhicule enneigé, remorqué sans que sa présence ait été détectée. L’analyse sanguine révèle une concentration létale de carboxyhémoglobine, signant une intoxication au monoxyde de carbone.
L’enquête technique commandée par la coroner met en lumière un dysfonctionnement critique du système d’échappement. Des gaz toxiques s’échappaient près de la prise d’air de la ventilation de l’habitacle. Un garagiste avait recommandé des réparations, mais l’étudiant, aux ressources limitées, n’avait pu les financer. Ce drame illustre la vulnérabilité des étudiants internationaux confrontés à la précarité financière, contraints de rouler avec des véhicules en mauvais état.
Ce cas devrait alerter les autorités canadiennes sur l’absence de contrôles techniques obligatoires pour les véhicules particuliers dans plusieurs provinces, dont le Québec. Il soulève aussi la question des aides d’urgence pour les étrangers en situation précaire. À l’avenir, des campagnes de prévention ciblant les communautés étudiantes sur les risques du monoxyde de carbone et la nécessité d’entretenir les systèmes d’échappement pourraient sauver des vies.
L’analyse des images de surveillance confirme que l’étudiant avait probablement démarré sa voiture pour se réchauffer ou se reposer. La présence de neige autour du véhicule a pu aggraver l’accumulation des gaz, bloquant partiellement la dispersion. La coroner insiste sur la rapidité de l’intoxication : en espace clos, un défaut d’étanchéité du pot catalytique rend l’habitacle mortel en moins d’une heure. Aucun geste volontaire n’a été relevé.
Des associations de soutien aux étudiants africains au Québec dénoncent une forme d’invisibilité sociale. « On envoie nos jeunes étudier loin, mais on ne leur donne pas les moyens de se protéger de dangers aussi basiques qu’une fuite d’échappement », réagit un responsable communautaire sous couvert d’anonymat. Le consulat de Côte d’Ivoire à Montréal dit suivre le dossier, tandis qu’une pétition informelle réclame des révisions mécaniques gratuites pour les étudiants étrangers précaires.



