L’Université de Brandon, située au Manitoba, fait face à une réduction dramatique du nombre d’étudiants étrangers inscrits pour l’année 2024, avec une chute de près de 60 % des demandes. Cette diminution inquiète fortement les responsables de l’établissement, car elle pourrait affecter sa santé financière. Les autorités universitaires pointent du doigt les politiques fédérales récentes et une nouvelle exigence financière imposée aux étudiants internationaux comme les principaux facteurs expliquant cette situation.
Le gouvernement canadien a introduit une exigence qui stipule que les étudiants étrangers doivent prouver qu’ils disposent d’un accès à 20 635 $ pour couvrir leurs frais de subsistance, contre 10 000 $ auparavant. Cette décision a un impact direct sur les inscriptions, notamment celles des étudiants étrangers de première année. En effet, le nombre d’inscriptions est passé de 195 étudiants en 2023 à seulement 54 en 2024. Cette réduction significative des inscriptions inquiète l’université, car les étudiants internationaux contribuent substantiellement aux finances de l’établissement, en raison des frais de scolarité bien plus élevés que ceux des étudiants nationaux.
Cette chute dans les inscriptions d’étudiants étrangers s’inscrit dans un contexte plus large de tensions économiques et politiques. Le Canada, historiquement perçu comme une destination privilégiée pour les étudiants internationaux, subit une concurrence accrue d’autres pays anglophones, comme les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie. En parallèle, les nouvelles restrictions sur l’immigration et les permis d’études, couplées à des exigences financières de plus en plus strictes, rendent le pays moins attractif pour les étudiants du monde entier. Pour l’Université de Brandon, cette tendance pourrait se traduire par une perte de diversité et d’enrichissement culturel sur son campus, ce qui affecterait l’expérience étudiante dans son ensemble.
Le président de l’Université de Brandon, David Docherty, a souligné que bien que la situation ne soit pas encore une source de panique, elle mérite une attention particulière. En raison de la contribution importante des étudiants étrangers aux finances de l’université, il existe un réel danger pour l’avenir de l’établissement si cette tendance se poursuit. En réponse, il a appelé à une collaboration plus étroite avec Universités Canada afin de convaincre le gouvernement fédéral d’adopter des politiques plus favorables. Il a aussi proposé que le Manitoba obtienne un statut d’établissement privilégié, permettant d’attirer davantage d’étudiants étrangers dès 2026.
Janine Campbell, étudiante en troisième année et représentante des étudiants étrangers à l’Université de Brandon, témoigne des effets concrets de cette baisse. Elle explique que la diversité et l’énergie qui caractérisaient le campus diminuent considérablement, ce qui impacte l’expérience des étudiants. Les jeunes issus de pays comme la Jamaïque, qu’elle représente, ne perçoivent plus le Canada comme un lieu accueillant, à cause des coûts élevés et de la complexité des démarches administratives pour obtenir un permis d’études. Selon elle, de nombreux étudiants potentiels préfèrent désormais s’orienter vers des destinations plus accessibles.
Les perspectives pour l’avenir restent préoccupantes. Le nombre total d’étudiants étrangers inscrits à l’Université de Brandon a chuté de 527 en 2023 à 447 en 2024, et la tendance pourrait se poursuivre. Les demandes pour le semestre d’automne ont déjà diminué de manière significative, passant de 2831 en 2023 à 1238 en 2024. L’université suit de près l’évolution de la situation, mais la diminution des inscriptions pourrait nuire à sa réputation internationale et à sa stabilité financière, à moins que des mesures concrètes ne soient prises pour inverser cette tendance.