L’Argentine a débuté sa campagne de Coupe du monde 2026 par une démonstration de force face à l’Algérie (3-0), dans la nuit de mardi à mercredi. Portée par un triplé de son capitaine et génie éternel, Lionel Messi, l’Albiceleste n’a laissé aucune chance à des Verts trop timorés. Ce succès sans appel permet aux champions du monde en titre de prendre d’entrée la tête du groupe, tandis que l’Algérie, qui retrouvait la compétition après douze ans d’absence, se retrouve d’ores et déjà dos au mur avant son choc face à la Jordanie.
Sur la pelouse, l’écart de niveau s’est matérialisé très tôt. Si les deux équipes ont vu un but refusé pour hors-jeu dans les dix premières minutes – signe d’un début électrique – l’emprise argentine n’a ensuite plus laissé de place au suspense. Rodrigo De Paul, maestro du milieu, a délivré une passe décisive parfaite pour ouvrir le score à la 17e minute. Messi, d’une frappe enroulée imparable, a ensuite doublé la mise à l’heure de jeu avant de sceller le triplé à un quart de la fin, d’une frappe puissante qui a laissé Luca Zidane sans réaction. L’Argentine a géré son avantage sans forcer, confirmant sa supériorité technique et tactique, avec un milieu qui a étouffé les rares velléités offensives algériennes.
Ce triplé ne marque pas seulement une victoire, il inscrit Lionel Messi un peu plus dans l’histoire. Avec 16 buts en phase finale, il rejoint désormais l’Allemand Miroslav Klose au sommet du classement des meilleurs buteurs de la Coupe du monde. Pour une génération dorée qui visait la passe de trois après les titres en 2022 et en Copa América 2024, ce départ canon est un message adressé aux favoris, du Brésil à la France. Côté algérien, ce revers brutal rappelle les doutes d’une sélection en reconstruction, dont le retour sur la scène mondiale après douze ans d’absence était attendu comme une renaissance. Mais le chantier est immense : Riyad Mahrez et Mohamed Amoura, laissés sur le banc, incarnent les interrogations sur les choix tactiques d’un staff qui a peut-être sacrifié l’expérience au profit de la jeunesse, sans que la récompense soit au rendez-vous.
Pour l’Argentine, la route est tracée avec une sérénité nouvelle, mais la prudence reste de mise. La phase de poules ne fait que commencer, et la gestion de l’effectif sera cruciale pour éviter une usure prématurée de cadres vieillissants, Messi en tête. En revanche, l’Algérie est désormais en situation périlleuse : une défaite face à la Jordanie, lors de la prochaine journée, serait synonyme d’une élimination précoce et douloureuse, qui ranimerait les critiques sur l’incapacité à performer sur la scène mondiale. Le match contre la Jordanie, prévu dans la nuit de lundi à mardi, s’apparente à un ultime sursaut pour une équipe qui doit impérativement retrouver une âme collective et une efficacité offensive, sous peine de quitter le Mondial par la petite porte.
Ce duel a mis en lumière une différence fondamentale : là où les Argentins ont transformé leurs occasions en buts, les Algériens ont manqué de tranchant et de justesse dans le dernier geste. L’absence de Mahrez, souvent décisif dans les moments chauds, a interpellé les observateurs. Son remplaçant, Anis Hadj Moussa, a montré des choses intéressantes, mais sans la même influence. Luca Zidane, malgré trois buts encaissés, a réalisé plusieurs arrêts déterminants, évitant une humiliation plus large. Mais face à un monstre comme Messi, qui semblait flotter au-dessus du lot, les ajustements défensifs n’ont jamais suffi. La prestation de De Paul, métronome de l’Albiceleste, rappelle que cette équipe ne repose pas que sur son numéro 10, mais sur un collectif rodé, où chaque rouage tourne avec une précision clinique.
Au-delà du résultat, c’est le discours sur la transmission qui prend tout son sens. Messi, à 38 ans, continue de repousser les limites du temps, porté par une équipe qui joue pour lui, avec lui et par lui. Mais ce triplé pose aussi une question pour l’après : que deviendra l’Argentine quand la Pulga aura raccroché ? Pour l’heure, elle profite d’un instant de grâce. En face, l’Algérie doit tirer les leçons de ce cinglant rappel à la réalité. Les Verts ont montré des séquences prometteuses en première période, mais leur incapacité à soutenir le rythme, à peser sur le porteur et à conclure leurs rares temps forts a scellé leur sort. Le sélectionneur devra trouver les mots pour rebondir, car un Mondial, aussi cruel soit-il, offre toujours une seconde chance. Encore faut-il avoir les armes pour la saisir.



