Le Ghana a arraché un match nul 0-0 face à l’Angleterre, mardi 23 juin à Foxborough, lors de la deuxième journée du Mondial 2026. Une performance défensive de haute volée qui permet aux Black Stars de compter désormais quatre points en deux rencontres. Ce résultat, célébré comme une victoire, rapproche sensiblement la sélection ouest-africaine d’une qualification pour les seizièmes de finale, une étape qu’elle n’a plus franchie depuis 2010.
Face à des Three Lions dominateurs mais stériles, les hommes de Carlos Queiroz ont fait preuve d’une discipline tactique remarquable. Malgré les assauts répétés de Declan Rice, Harry Kane et Anthony Gordon, la défense ghanéenne, emmenée par un Benjamin Asare impeccable dans ses cages, n’a jamais cédé. Les Anglais ont multiplié les tentatives, mais aucune n’a trouvé le chemin des filets, que ce soit la tête de Rice (36e), la frappe contrée de Kane dans le temps additionnel de la première période, ou encore l’occasion nette du capitaine à la 69e minute, magnifiquement détournée par Asare. Le Ghana a même eu ses temps forts, notamment par Antoine Semenyo (42e) et Marvin Senaya (50e), montrant que la peur n’était pas de mise.
Ce nul prend une résonance particulière au regard de l’histoire récente du Ghana en Coupe du monde. Après des débuts prometteurs en 2006 (huitièmes de finale) et 2010 (quarts de finale), les Black Stars avaient ensuite déçu lors des éditions 2014 et 2022, échouant à chaque fois au premier tour. Cette contre-performance avait laissé un goût amer, d’autant que le football ghanéen, riche de sa tradition, attendait un sursaut sur la scène mondiale. Face à l’Angleterre, l’une des favorites du tournoi, ce résultat symbolise un retour en grâce et une capacité à rivaliser avec les meilleures nations, dans un groupe où tout reste ouvert.
Avec quatre points au compteur, le Ghana aborde la dernière journée avec un avantage non négligeable. La qualification pour les seizièmes de finale est désormais à portée de main, même si elle dépend en partie du résultat entre le Panama et la Croatie, programmé plus tard dans la soirée. Les Black Stars peuvent toutefois aborder ce sprint final avec sérénité : un nul ou une victoire lors de leur dernier match leur offrirait presque assurément un billet pour la phase à élimination directe. Pour l’Angleterre, ce résultat est un coup d’arrêt. Elle devra impérativement confirmer son statut lors de la dernière rencontre sous peine de voir ses ambitions compromises.
Le constat est sévère du côté des Three Lions. Malgré une possession large et une domination territoriale, l’équipe de Thomas Tuchel a manqué de créativité et de justesse technique dans le dernier geste. Les occasions franches ont été rares, et les tentatives lointaines, comme celle de Rice ou de Gordon, n’ont jamais vraiment inquiété un Asare pourtant sollicité. Ce manque d’inspiration, couplé à une défense ghanéenne parfaitement organisée, rappelle que la possession ne fait pas tout. Les Anglais devront trouver des solutions plus variées pour débloquer des blocs bas, une leçon que leur a cruellement rappelée le Ghana.
Au-delà du résultat, c’est l’état d’esprit qui impressionne. Les Black Stars ont couru, défendu, et cru en leur chance jusqu’au bout. Sous un ciel menaçant de Foxborough, ils ont transformé ce stade hostile en forteresse, à l’image de leurs aînés de 2010. Ce nul héroïque résonne comme un message adressé aux autres favoris : le Ghana est de retour, et il compte bien ne pas s’arrêter en si bon chemin. La génération actuelle, portée par des joueurs comme Semenyo ou Senaya, semble avoir retrouvé cette âme collective qui avait fait défaut lors des dernières campagnes. Une dynamique précieuse avant l’ultime rendez-vous.



