Depuis le 14 janvier 2026, Mohamed Alexandre Coulibaly, étudiant ivoirien de 28 ans installé à Trois-Rivières au Québec, est introuvable. Face à l’inquiétude grandissante au sein de la diaspora, l’Ambassade de Côte d’Ivoire au Canada a finalement brisé le silence. Dans un communiqué officiel, elle confirme la disparition et annonce avoir saisi les autorités policières canadiennes, sans toutefois fournir d’élément nouveau sur l’état des recherches.
Le communiqué diplomatique, sobre et prudent, indique que les services de police territoriaux sont mobilisés et que des investigations sont en cours. Aucune piste n’est écartée, mais aucune hypothèse – accident, geste volontaire ou acte criminel – n’est non plus privilégiée. L’Ambassade affirme assurer un suivi constant et une coordination étroite avec les autorités canadiennes, dans le strict respect des procédures judiciaires locales.
Ce type de disparition d’un ressortissant africain au Canada n’est pas inédit, mais chaque cas révèle les fragilités du dispositif d’assistance consulaire. À Trois-Rivières, ville moyenne du Québec où la communauté ivoirienne reste modeste, les liens sociaux sont souvent plus étroits, ce qui accentue l’émotion et la pression sur les diplomates. Les précédentes affaires similaires ont montré que les premières semaines sont déterminantes, mais aussi que le traitement médiatique peut parfois brouiller les pistes.
Dans les jours à venir, la priorité reste la localisation de l’étudiant. Si la Sûreté du Québec dispose de moyens techniques avancés, les délais d’obtention de données (téléphoniques, bancaires, vidéosurveillance) peuvent ralentir l’enquête. L’Ambassade devra aussi gérer deux risques symétriques : la montée des théories complotistes sur les réseaux sociaux, et l’érosion de la confiance de la diaspora si aucune avancée n’est communiquée sous deux semaines.
Sur le terrain, les proches et compatriotes de Mohamed expriment une frustration croissante. Plusieurs témoignages informels font état d’une absence de point de contact clair sur place, l’Ambassade étant basée à Ottawa, à près de deux cents kilomètres de Trois-Rivières. Ce vide relationnel, classique en dehors des grandes métropoles, complique la remontée d’informations fiables et alimente les rumeurs que le communiqué dénonce pourtant avec raison.
L’appel de l’Ambassade à éviter toute spéculation est légitime, mais il ne saurait remplacer une communication plus régulière. Dans l’immédiat, deux actions concrètes seraient attendues : une ligne d’urgence dédiée pour la diaspora, et une mise à jour publique au moins hebdomadaire, même pour dire qu’aucune avancée n’est encore intervenue. En l’état, le silence des enquêteurs canadiens ne sert pas la transparence, et la prudence diplomatique ivoirienne risque d’être perçue comme de l’immobilisme.



