Un drame d’une violence extrême a frappé le Canada, mardi 10 février, faisant neuf morts dans et aux abords d’un collège-lycée de Tumbler Ridge, une localité isolée de Colombie-Britannique. L’auteur présumé des coups de feu a été retrouvé mort sur les lieux, portant à dix le bilan de cette tuerie, l’une des plus meurtrières de l’histoire récente du pays.
Les événements se sont déroulés en deux temps. Les forces de l’ordre, alertées en début d’après-midi sur un tireur actif au sein de l’école secondaire de Tumbler Ridge, y ont découvert six victimes abattues ainsi que le suspect sans vie. Une septième personne, blessée dans l’établissement, est décédée durant son transport à l’hôpital. Les enquêteurs ont ensuite identifié un second lieu, une résidence voisine, où deux autres victimes ont été retrouvées. Au total, vingt-sept personnes ont été blessées, dont deux grièvement, plongeant cette petite communauté de 2300 habitants dans l’horreur.
Ce massacre survient moins d’un an après une autre attaque mortelle en Colombie-Britannique, où onze personnes avaient été tuées en avril 2025 à Vancouver lors d’une attaque au véhicule-bélier. Bien que les fusillades de masse restent statistiquement rares au Canada par rapport à son voisin américain, leur récurrence récente interroge la société canadienne sur la permanence de son modèle. Le pays dispose pourtant d’une législation restrictive sur les armes à feu, renforcée ces dernières années, mais la question de l’accès aux armes et de la violence sociétale revient inévitablement sur le devant de la scène après chaque drame.
Les autorités devront maintenant répondre à de multiples interrogations. L’enquête, menée par la Gendarmerie royale du Canada, se concentrera sur le profil et les motivations du ou de la suspecte – certains médias évoquant une femme, détail que la police n’a pas confirmé –, ainsi que sur la séquence exacte des événements. Les conséquences psychologiques pour cette communauté rurale, connue pour son tourisme de plein air et son calme, seront profondes et durables. Au niveau national, ce drame pourrait raviver le débat politique sur les mesures de prévention de la violence et la sécurité dans les écoles.
La réaction des premiers responsables politiques a été immédiate. Le Premier ministre Mark Carney s’est dit « bouleversé » par cette « terrible fusillade », rendant hommage aux victimes et au courage des premiers intervenants. La municipalité de Tumbler Ridge a quant à elle exprimé dans un communiqué l’indicible douleur de la communauté. Ken Floyd, un responsable policier, a décrit la scène trouvée à l’école comme « épouvantable », soulignant le caractère « incroyablement difficile et éprouvant sur le plan émotionnel » de cette journée.
Le choc est particulièrement palpable parmi les familles directement touchées. Une habitante et mère d’un élève, Shelley Quist, résumait le sentiment d’incrédulité sur la CBC : « C’est une chose dont on pense qu’elle n’arrivera jamais ». Son fils, sain et sauf, restera sous étroite surveillance, symbole de la peur qui s’est installée. L’alerte d’urgence, qui avait confiné les résidents, a été levée en fin de journée, les autorités affirmant ne plus craindre de menace. Mais pour Tumbler Ridge, le long processus de deuil et de résilience ne fait que commencer.



