Les autorités gabonaises et l’entreprise Porteo BTP Gabon ont officiellement lancé, le vendredi 6 février 2026, les travaux de bitumage de l’axe routier stratégique Alembé-Lopé-Leroy. Ce projet, d’une longueur de 306 kilomètres, représente un investissement majeur pour désenclaver la province de l’Ogooué-Ivindo, située dans le Nord-Est du pays.
Le chantier, confié à la filiale gabonaise du groupe Porteo, doit aboutir à la transformation complète de cette route. L’objectif affiché est de radicalement améliorer la mobilité et la connectivité entre le Centre-Sud et le Nord-Est du Gabon. L’entreprise prévoit de mobiliser près de 1 400 travailleurs et des centaines d’engins pour cette réalisation, promettant un impact immédiat sur l’économie locale à travers la création d’emplois et le soutien aux activités commerciales, agricoles et forestières.
Ce projet s’inscrit dans un contexte de faiblesse chronique des infrastructures de transport terrestre au Gabon, souvent pointée du doigt comme un frein au développement économique et à l’intégration des régions intérieures. La province de l’Ogooué-Ivindo, riche en ressources forestières et minières, est particulièrement concernée par cet isolement. Le lancement de ces travaux répond à une demande ancienne des populations et des acteurs économiques locaux.
Les perspectives de ce projet sont doubles. Sur le plan économique, il doit faciliter les échanges, réduire les coûts de transport et dynamiser les filières de production. Socialement, il est présenté comme un vecteur d’insertion professionnelle pour la jeunesse locale. Toutefois, la pérennité de ces bénéfices dépendra de la qualité finale de l’infrastructure et de la mise en place d’un entretien régulier, défi récurrent dans la région.
Un des défis les plus sensibles de ce chantier est son tracé, qui traverse le Parc national de la Lopé, un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Porteo BTP Gabon assure que les travaux respecteront une politique stricte en matière de qualité, hygiène, sécurité et environnement (QHSE) pour préserver les écosystèmes fragiles. Cette promesse sera scrutée de près par les organisations de défense de l’environnement.
Pour le groupe Porteo, dirigé par Hassan Dakhlallah, ce chantier est une vitrine de son ambition de devenir un acteur clé du développement d’infrastructures en Afrique. L’entreprise met en avant une vision d’« Afrique industrielle, autonome et connectée ». La réussite de ce projet complexe, à la fois logistique et écologique, sera un test crucial pour sa stratégie et sa capacité à livrer des ouvrages durables.
La réussite de ce corridor dépendra ultimement de sa parfaite intégration dans le réseau national et de son accessibilité pour tous les usagers, au-delà des grands opérateurs économiques. Il s’agira également de mesurer si les retombées promises en termes d’emplois locaux et de développement des PME se concrétisent durablement, transformant ainsi une infrastructure physique en un véritable levier de prospérité partagée.



