Le procès en appel de l’opposant guinéen Aliou Bah a débuté ce mercredi 26 mars à Conakry, marquant une étape importante dans sa lutte contre la junte au pouvoir. Condamné en première instance à deux ans de prison ferme en janvier pour « offense et diffamation » envers le président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, ce procès suscite une forte attention, notamment parmi les partisans de l’opposant et les diplomates étrangers.
Aliou Bah, président du Mouvement Démocratique Libéral (MoDeL), a été reconnu coupable d’avoir publiquement insulté le général Doumbouya, qui avait renversé le président Alpha Condé en septembre 2021. Cette condamnation, qui a été largement perçue comme un avertissement à l’encontre de l’opposition, a déclenché une série de manifestations de solidarité et de soutien envers l’accusé. Lors de l’ouverture du procès en appel, l’avocat de la défense, Maître Almamy Samory Traoré, a exprimé sa surprise face aux retards procéduraux, soulignant que l’affaire aurait dû être plaidée ce jour-là.
Depuis le coup d’État de septembre 2021, la Guinée vit sous un régime militaire dirigé par le général Mamadi Doumbouya. Le pays traverse une période de transition marquée par des tensions politiques et sociales. La répression des voix dissidentes, notamment à travers des procès comme celui d’Aliou Bah, soulève des inquiétudes concernant le respect des libertés publiques et des droits de l’homme. Cette situation reflète un climat tendu où la liberté d’expression est souvent mise à mal, malgré les promesses de réformes du gouvernement.
Le procès en appel pourrait avoir des conséquences majeures sur l’avenir de l’opposition en Guinée. Si la condamnation est confirmée, elle enverra un message fort aux autres figures de l’opposition, tout en accentuant la pression internationale sur la junte. À l’inverse, une révision de la peine pourrait symboliser une ouverture du régime, bien que cela semble peu probable au vu des tensions actuelles. Les observateurs guinéens et internationaux attendent avec impatience les développements du procès, surtout dans un contexte où la Guinée est sous le radar des pays occidentaux.
Le procès en appel ne concerne pas seulement les acteurs locaux. De nombreux diplomates, y compris des représentants de l’Union européenne, des États-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, de la Belgique et de l’Espagne, ont été présents dans la salle d’audience, ce qui témoigne de l’importance du dossier sur la scène internationale. Aliou Bah lui-même a exprimé son désir de voir ses droits rétablis, insistant sur sa liberté et plaidant pour une justice équitable, tout en soulignant que ses actions étaient motivées par une quête de justice pour son pays.
Les diplomates présents au procès montrent un intérêt croissant pour l’évolution politique en Guinée. L’implication de l’Union européenne et des autres pays occidentaux pourrait influencer les choix de la junte, notamment en matière de réformes et de gestion des relations internationales. La situation d’Aliou Bah, ainsi que celle de l’opposition dans son ensemble, reste donc un enjeu majeur pour la Guinée, à la fois sur le plan national et sur la scène diplomatique internationale.