La présidence israélienne confie dimanche à Gadi Eisenkot la mission de former le prochain gouvernement. Fort de 67 recommandations, le chef de l’opposition devra bâtir une coalition dans un paysage politique fragmenté.
Gadi Eisenkot, chef du bloc de l’opposition au Premier ministre sortant Benyamin Netanyahu, sera officiellement chargé dimanche 8 novembre de former le prochain gouvernement israélien. La présidence a confirmé samedi soir que le président Isaac Herzog recevra l’ancien chef d’état-major à la résidence présidentielle à 17 heures (15 heures TU) pour lui remettre ce mandat.
Le communiqué de la présidence, publié en début de soirée ce 6 novembre 2026, précise les modalités de cette désignation. Gadi Eisenkot, patron de la formation Yashar, a reçu le soutien de six chefs de partis et totalise 67 recommandations, un seuil qui lui confère une légitimité politique incontestable. Dès l’attribution officielle du mandat, un compte à rebours de 28 jours s’enclenchera, éventuellement prolongeable de deux semaines, pour constituer une coalition. Cette échéance place le futur négociateur face à un défi que beaucoup avant lui ont échoué à relever.
Cette désignation intervient après les élections législatives du 27 octobre, qui n’ont dégagé ni vainqueur clair ni majorité stable. Le Likoud de Benyamin Netanyahu se retrouve mathématiquement isolé, lâché notamment par les ultra-orthodoxes ashkénazes. Le scrutin a consacré une fragmentation profonde de l’échiquier politique israélien, où les équilibres traditionnels entre droite, religieux et formations arabes se recomposent. La présidence avait mené ses consultations avant de trancher en faveur du chef de l’opposition, conformément à la procédure institutionnelle israélienne.
La route de Gadi Eisenkot reste néanmoins minée. Il devra concilier les exigences des listes arabes, incontournables sur le papier, et celles d’une droite laïque menée par Avigdor Liberman, désormais tentée par une alliance avec les religieux. Dans un message posté sur X, le futur formateur a déclaré : « Le moment est venu de former un gouvernement d’urgence nationale. Je ferai tout pour que nous soyons à la hauteur. » L’issue de ces négociations déterminera la stabilité politique du pays pour les prochains mois.
Face à ce qu’il qualifie déjà de « bloc du désastre », le Likoud exige l’union nationale, une perspective que le camp anti-Netanyahu rejette catégoriquement. Cette posture illustre la profondeur du fossé entre les deux camps et la difficulté d’imaginer une coalition élargie incluant le parti du Premier ministre sortant. Le communiqué de la présidence sonne ainsi le glas du règne de Benyamin Netanyahu, sans pour autant garantir que son rival parviendra à former un exécutif viable.
La nomination d’Eisenkot marque un tournant dans la vie politique israélienne, mais elle ne résout pas l’équation arithmétique et idéologique qui bloque la formation d’un gouvernement. Le nouveau mandataire hérite d’une coalition hétérogène où chaque partenaire potentiel pose des conditions difficilement compatibles. La réussite de sa mission dépendra de sa capacité à transformer 67 recommandations en une majorité gouvernementale cohérente, un exercice que la fragmentation actuelle rend particulièrement périlleux.



