Le 28 mars 2025, un accord a été signé entre le groupe armé M23 et la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), marquant une étape décisive pour la région du Kivu, en République Démocratique du Congo (RDC). Cette entente porte sur le retrait de la force régionale déployée par la SADC pour soutenir les efforts contre les groupes armés, dont le M23, qui a pris le contrôle de Goma en janvier dernier. L’accord stipule également la réparation de l’aéroport de Goma, un enjeu crucial pour le rétablissement de l’infrastructure de la ville.
L’accord conclu à Goma prévoit que le M23 facilitera l’évacuation des troupes de la SAMIRDC, accompagnées de leurs armes et équipements, via l’aéroport de la ville. Toutefois, l’aéroport, endommagé par les récents combats, est actuellement inutilisable. Un comité conjoint entre la SADC et le M23 sera chargé de l’évaluation des réparations nécessaires, et la SADC a promis d’y participer activement pour que l’aéroport soit opérationnel dans les plus brefs délais. Le porte-parole du M23 a affirmé que les travaux pourraient débuter dans une semaine, soulignant l’urgence de la situation.
Le déploiement de la SAMIRDC en RDC remonte à décembre 2023, dans le cadre d’une mission de soutien aux forces congolaises contre les groupes armés opérant dans l’est du pays. Cependant, l’intervention n’a pas permis d’empêcher la reprise d’offensives par le M23, soutenu par le Rwanda, ce qui a conduit à la prise de Goma en janvier 2025, puis de Bukavu peu après. La SAMIRDC n’a pas pu contenir cette poussée, ce qui a amené la SADC à prendre la décision de mettre fin à son mandat deux semaines avant cet accord.
Le retrait des troupes de la SAMIRDC et la réhabilitation de l’aéroport ouvrent la voie à une potentielle stabilisation de la région. L’un des objectifs clés de cet accord est de permettre la réouverture de l’aéroport de Goma, qui pourrait devenir un point stratégique pour la mise en place d’un couloir humanitaire et la reconstruction des infrastructures de la ville. Le retour à la normale pourrait également permettre la reprise des activités économiques et le renforcement de l’aide humanitaire dans un contexte où la ville a été fortement impactée par le conflit.
Le compromis entre la SADC et le M23 ne fait pas disparaître les tensions sur le terrain. Bien que l’accord prévoie le retrait des forces régionales, des analystes restent sceptiques quant à la mise en Å“uvre effective de ces mesures, en particulier en raison des lourdes destructions à Goma et de la situation sécuritaire encore fragile. La présence des troupes rwandaises en soutien au M23 et la complexité des rapports entre les différents acteurs régionaux demeurent des défis de taille. La communauté internationale, notamment les Nations unies, devra jouer un rôle clé dans la surveillance de la mise en Å“uvre de l’accord.
Les habitants de Goma, et en particulier les réfugiés dans les camps voisins, suivent de près les développements de cet accord. Les conditions de vie restent précaires, et bien que certains voient la réouverture de l’aéroport comme un signe d’espoir, d’autres craignent que les enjeux politiques et militaires ne prolongent la souffrance de la population locale. Un diplomate de la région a exprimé son scepticisme face aux progrès réels de l’accord, soulignant que des actions concrètes sur le terrain seront nécessaires pour apaiser les tensions et reconstruire la confiance entre les différentes communautés.