Le Niger a réalisé un bond spectaculaire de ses recettes pétrolières en 2024, enregistrant plus de 200 milliards de FCFA, contre 64,1 milliards en 2020. Cette progression notable a été annoncée par le ministre du Pétrole, Sahabi Oumarou, lors d’une intervention à la télévision nationale. Une performance qui marque un tournant dans l’économie du pays, riche de ses récentes découvertes et d’une politique d’exploitation pétrolière soutenue.
La hausse des recettes pétrolières résulte d’une augmentation substantielle de la production, rendue possible par l’exploitation de 112 gisements pétroliers répartis sur le territoire. Ce processus est facilité par un consortium public-privé, dont l’État nigérien est un partenaire majeur. Par ailleurs, la mise en place de deux pipelines — l’un d’exportation de 1 950 km et l’autre domestique de 462,5 km — a permis une meilleure gestion et distribution des ressources, tout en contribuant à une forte dynamique économique.
Cette réussite s’inscrit dans un contexte où le Niger n’a commencé à explorer son potentiel pétrolier qu’en 2012. Ce retard dans l’exploitation des ressources naturelles a été compensé par une stratégie audacieuse qui a favorisé l’implantation d’un cadre législatif, réglementaire et contractuel adapté aux spécificités du marché pétrolier. L’engagement de l’État, associé à des investissements privés, a permis de surmonter les obstacles initiaux et d’impulser une véritable dynamique dans ce secteur stratégique.
Les perspectives de croissance pour le secteur pétrolier du Niger sont très prometteuses. Selon le ministre, “les perspectives sont bonnes”, avec des prévisions d’augmentation continue des revenus pétroliers dans les années à venir. L’extension de l’exploitation à de nouveaux gisements et la consolidation des infrastructures existantes devraient permettre au pays de maximiser ses recettes. Cette dynamique ouvre la voie à des investissements supplémentaires dans d’autres secteurs économiques, notamment dans l’industrie et les infrastructures.
Le pétrole, au-delà de sa contribution à l’économie nationale, devient un instrument d’intégration régionale. Le Niger a d’ores et déjà signé des conventions avec plusieurs pays africains pour développer des projets gaziers communs, renforçant ainsi sa position sur le marché énergétique du continent. Ces accords témoignent de l’importance croissante du Niger en tant qu’acteur clé dans la géopolitique énergétique de la région.
Les témoignages d’experts et de responsables du secteur pétrolier affirment que le Niger pourrait devenir l’un des principaux producteurs de pétrole en Afrique de l’Ouest. Toutefois, il faudra veiller à ce que cette richesse ne génère pas de nouvelles inégalités ou conflits internes, un défi majeur pour la stabilité politique du pays. Une gestion rigoureuse des recettes et un cadre institutionnel transparent seront nécessaires pour garantir que les bénéfices du pétrole profitent à l’ensemble de la population.