Le président français Emmanuel Macron se rendra à Madagascar le 23 avril 2025, marquant sa première visite d’État sur la Grande ÃŽle. Il participera au 5e sommet de la Commission de l’océan Indien (COI), qui se tiendra le 24 avril à Antananarivo. Ce sommet, centré sur la question de la sécurité alimentaire dans une région frappée par la faim, servira de cadre pour aborder divers sujets cruciaux pour les relations franco-malgaches.
Lors de ce sommet, les pays membres de la COI – la France (via La Réunion), Madagascar, les Seychelles, l’île Maurice et les Comores – discuteront des défis communs auxquels fait face la région. Parmi les enjeux majeurs figure la sécurité alimentaire, un problème grandissant dans un océan Indien où la dépendance aux importations alimentaires demeure élevée. La France, représentée par Emmanuel Macron, aura un rôle central dans ces discussions, cherchant à affirmer son engagement dans une zone stratégique à fort potentiel économique et géopolitique.
La visite d’Emmanuel Macron intervient dans un contexte régional tendu, où l’océan Indien est devenu un carrefour d’enjeux géopolitiques de premier plan. Les tensions en mer Rouge ont renforcé la place stratégique de cette région, notamment en raison du Canal du Mozambique, crucial pour le trafic maritime mondial. Par ailleurs, les fonds marins de cette zone, riches en ressources minérales non exploitées, font de l’océan Indien un espace de convoitise internationale. Toutefois, la présence française est contestée, en particulier en raison des différends territoriaux autour des îles Éparses, un groupe d’îles contrôlées par la France mais revendiquées par Madagascar.
La question des îles Éparses demeure un point sensible dans les relations franco-malgaches. Ces îles, qui font partie des possessions françaises dans l’océan Indien, sont revendiquées par Madagascar depuis 1973. Le contrôle de ces îles permet à la France de maintenir le deuxième plus grand espace maritime mondial, après les États-Unis. Malgré des discussions intermittentes, notamment lors de la commission mixte de novembre 2019, les positions demeurent divisées : Paris privilégie une coopération scientifique, tandis qu’Antananarivo exige la rétrocession de ces territoires. Ce différend, bien qu’alimenté par des questions de souveraineté, est également lié à des enjeux géostratégiques majeurs.
Un autre dossier important de cette visite est la restitution du crâne du roi Toera, un souverain malgache tué lors de la conquête coloniale au XIXe siècle. Ce geste, qui marque une avancée dans les relations franco-malgaches, découle d’une loi française votée en 2023 visant à faciliter le rapatriement des restes humains conservés dans les musées français. Ce crâne, réclamé par Madagascar depuis plus de vingt ans, sera restitué à la nation malgache, symbolisant un pas vers la reconnaissance et la réparation historique des méfaits du colonialisme.
La visite de Macron à Madagascar pourrait ouvrir de nouvelles perspectives de coopération entre les deux nations, notamment dans les domaines de la gestion des ressources naturelles, de la sécurité alimentaire et de la recherche scientifique. Toutefois, la question des îles Éparses continuera d’alimenter les tensions. Le traitement de ce dossier, dans un contexte géopolitique mondial complexe, sera déterminant pour l’avenir des relations franco-malgaches. Cette visite pourrait ainsi devenir un tournant, à la fois diplomatique et symbolique, dans le rapprochement entre la France et Madagascar.