Le géant minier australien Rio Tinto explore actuellement un partenariat avec la République Démocratique du Congo (RDC) pour exploiter le gisement de lithium de Manono, l’une des plus grandes réserves inexploitées au monde. Selon des informations diffusées par Bloomberg, Rio Tinto mène des négociations avec Kinshasa concernant l’exploitation de la partie sud de ce gisement, dont le potentiel est évalué à 400 millions de tonnes de ressources minérales.
Rio Tinto, l’un des leaders mondiaux dans le secteur minier, cherche à se positionner parmi les principaux fournisseurs de lithium, métal stratégique pour la transition énergétique. Après avoir acquis Arcadium Lithium pour 6,7 milliards de dollars, la société a renforcé sa présence dans des projets de lithium à l’international, notamment en Argentine, aux États-Unis et en Serbie. Son intérêt pour la RDC s’inscrit dans cette dynamique de diversification des sources d’approvisionnement, alors que la demande mondiale de lithium ne cesse d’augmenter, notamment pour les batteries électriques.
La demande en lithium, métal essentiel dans la fabrication des batteries pour véhicules électriques et autres technologies de stockage d’énergie, connaît une forte croissance. Bien que le prix du lithium ait chuté depuis 2022 en raison d’une offre excédentaire, les perspectives à long terme restent positives. Selon l’Agence internationale de l’Énergie (AIE), un déficit de plus de 150 000 tonnes de lithium pourrait se creuser d’ici 2030, soulignant l’importance stratégique des réserves comme celles de Manono. Ce contexte économique donne un poids supplémentaire aux discussions entre Rio Tinto et la RDC.
L’intérêt de Rio Tinto pour le lithium de Manono se heurte à des défis juridiques. Le projet est actuellement au centre d’un litige entre l’entreprise australienne AVZ Minerals, titulaire du permis pour la partie sud du gisement, et la société d’État Cominière. Cette dernière a scindé le permis d’exploitation, une décision contestée par AVZ, qui poursuit la bataille en justice. Un tribunal arbitral a récemment condamné Cominière à payer 39,1 millions d’euros de pénalités, mais la question de l’avenir du projet reste en suspens.
Rio Tinto n’est pas le seul acteur intéressé par le développement du gisement de Manono. Le groupe américain Kobold Metals, soutenu par des personnalités comme Bill Gates et Jeff Bezos, a également proposé un plan pour exploiter la partie sud du site. Ce projet concurrent pourrait entrer en compétition avec les ambitions de Rio Tinto, mais aussi avec les efforts de l’entreprise chinoise Zijin Mining, qui développe actuellement la partie nord du gisement en collaboration avec Cominière.
L’exploitation du lithium de Manono pourrait avoir des conséquences majeures pour la RDC, mais aussi pour la transition énergétique mondiale. Si les négociations aboutissent, cela renforcerait la position de la RDC en tant que fournisseur clé de ressources stratégiques dans un marché en pleine mutation. À l’échelle mondiale, la montée en puissance du lithium est cruciale pour le développement des énergies renouvelables et des technologies de stockage d’énergie, et le gisement de Manono pourrait jouer un rôle central dans ce processus.