L’armée malienne a annoncé avoir neutralisé plus d’une trentaine de combattants présumés terroristes au cours de plusieurs opérations menées à l’ouest de Ségou. Ces actions militaires ciblaient des groupes circulant dans des zones boisées et tentant de traverser le fleuve Niger, selon un communiqué officiel de l’État-Major général des armées publié récemment.
Les opérations se sont déroulées en plusieurs phases distinctes. Un premier groupe d’une quinzaine d’individus, pris en filature, a été ciblé et neutralisé alors qu’il cherchait refuge dans une zone boisée. Parallèlement, une frappe a visé une pirogue sur le fleuve Niger, éliminant une dizaine de combattants et détruisant leur logistique au moment de l’accostage. Enfin, un autre groupe d’environ dix individus se déplaçant à moto a été repéré et neutralisé dans la même zone géographique.
Cette annonce s’inscrit dans un contexte sécuritaire malien extrêmement tendu, marqué par une recrudescence des attaques de groupes jihadistes et une expansion de leur champ d’action depuis le retrait de la mission française Barkhane et de la force onusienne Minusma. La région de Ségou, historiquement plus épargnée que le nord et le centre du pays, fait face depuis plusieurs mois à une inquiétante progression de l’insécurité et des infiltrations de groupes armés, signe d’une possible évolution des dynamiques conflictuelles.
Ces succès tactiques posent la question de leur impact stratégique à moyen terme. Si les autorités maliennes y voient une preuve de l’efficacité de leurs forces, notamment depuis le recours accru aux partenariats avec le Groupe Wagner puis la société russe Africa Corps, les observateurs soulignent la nature résiliente et mobile des groupes insurgés. La perspective immédiate est celle d’une possible fragmentation et dispersion de ces groupes vers d’autres zones, ou de représailles contre les populations civiles, sans garantie d’un assainissement durable de la région.
L’absence de détails sur d’éventuelles pertes ou dommages collatéraux dans les rangs de l’armée malienne ou parmi les civils est notable, une caractéristique récurrente des communications militaires dans la région. Par ailleurs, le terme “neutralisés”, employé par l’État-Major, ne permet pas de distinguer avec certitude entre des morts, des blessés ou des prisonniers, laissant planer un certain flou sur le bilan réel des opérations.
Ces annonces interviennent à un moment politiquement sensible pour la junte au pouvoir à Bamako, qui mise sur des résultats tangibles en matière de sécurité pour légitimer son maintien au pouvoir et justifier le choix stratégique de ses alliances extérieures. L’efficacité réelle de ces opérations devra être mesurée à l’aune de la capacité des forces maliennes et de leurs partenaires à sécuriser durablement les zones reprises et à y rétablir l’autorité de l’État, un défi bien plus complexe que la simple conduite d’opérations militaires ponctuelles.



