L’ambassade de Russie au Niger sera officiellement ouverte en 2025, a confirmé Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, lors d’une rencontre avec son homologue nigérien, Bakary Yaou Sangaré, à Moscou. Cette annonce marque un tournant dans les relations diplomatiques entre les deux pays.
Lors de cette rencontre, Sergueï Lavrov a précisé que les travaux d’organisation nécessaires à l’établissement de l’ambassade étaient en bonne voie et devraient être finalisés dans le courant de l’année 2025. Cette ouverture reflète la volonté de la Russie de renforcer ses liens diplomatiques et économiques avec le Niger, dans un contexte de plus en plus marqué par les reconfigurations géopolitiques en Afrique.
Le Niger, acteur clé de la région sahélienne, traverse une période de réajustement politique et diplomatique, particulièrement après le coup d’État de 2023. Dans ce climat de redéfinition des alliances, plusieurs pays, dont la Russie, cherchent à accroître leur influence en Afrique. L’ouverture de l’ambassade russe s’inscrit donc dans une stratégie plus large de Moscou visant à étendre ses relations avec les nations africaines, notamment à travers des partenariats économiques et militaires.
L’ouverture de cette ambassade pourrait favoriser un renforcement des échanges commerciaux et de coopération militaire entre la Russie et le Niger. Dans un contexte où plusieurs pays du Sahel, y compris le Niger, manifestent un intérêt croissant pour des alternatives à l’influence occidentale, la Russie espère y trouver de nouveaux alliés stratégiques. Les détails concernant les projets communs, notamment dans le domaine énergétique et minier, pourraient être annoncés dans les mois à venir.
L’annonce de l’ouverture de l’ambassade russe intervient au moment où les relations entre le Niger et la France sont particulièrement tendues, après la chute du régime de l’ancien président Mohamed Bazoum. Dans ce contexte, l’alignement du Niger avec la Russie pourrait signaler un changement de cap pour le pays en matière de politique extérieure. D’autres nations africaines ont déjà manifesté leur intérêt pour des alliances plus diversifiées, et cette évolution pourrait marquer le début d’un nouveau chapitre pour la diplomatie africaine face à des puissances étrangères.