La quatrième étape du Tour du Rwanda, disputée mercredi 25 février entre Karongi et Rubavu, a tenu toutes ses promesses en offrant un scénario haletant qui a rebattu les cartes du classement général. C’est le Belge Mathijs De Clercq (Soudal Quick-Step Devo Team) qui a levé les bras au terme des 127,2 kilomètres d’une étape de montagne particulièrement exigeante, en réglant au sprint un petit groupe d’échappés. L’Allemand Moritz Kretschy (NSN Development Team) et un autre Belge, Mauro Cuylits (Lotto – Groupe Wanty), complètent le podium du jour.
Au-delà de la victoire d’étape, le fait majeur de cette journée est le bouleversement du classement général. L’Allemand Moritz Kretschy a su profiter du terrain accidenté pour creuser des écarts significatifs et endosser le prestigieux maillot jaune de leader. Il détrône ainsi le Néerlandais Jurgen Zomermaand (Development Team Picnic PostNL), victime d’une cassure dans le peloton à 17 kilomètres de l’arrivée et qui a concédé un retard rédhibitoire. Cette étape a confirmé que chaque kilomètre du parcours rwandais peut être décisif.
Cette 18e édition du Tour du Rwanda s’inscrit dans la tradition d’une compétition qui monte en gamme année après année. Inscrite au calendrier de l’Union cycliste internationale (UCI), elle est réputée pour être l’une des courses les plus difficiles du continent africain. Sur un total d’environ 1 000 kilomètres répartis en huit étapes, les coureurs, un peloton de jeunes espoirs venus d’Afrique et d’Europe, doivent affronter des routes escarpées et un relief qui ne laisse aucun répit, faisant de ce tour un véritable laboratoire pour les talents de demain.
Avec ce nouveau classement, la compétition entre désormais dans sa phase la plus cruciale. Moritz Kretschy devra défendre sa tunique de leader face à des rivaux qui n’auront de cesse de tenter de renverser la hiérarchie. Les prochaines étapes, notamment la plus longue du parcours reliant Rukomo à Rwamagana sur 174 kilomètres, offriront de nouvelles opportunités de pièges et de contre-performances. La question est désormais de savoir si l’Allemand a les capacités de gérer cette pression et de conserver son bien jusqu’à l’arrivée le 1er mars.
L’édition 2025 confirme, si besoin était, la vitalité du cyclisme sur le continent et la place centrale du Rwanda comme terre d’accueil du sport international. Au-delà de la performance brute, le Tour est un vecteur d’image majeur pour le pays, mettant en lumière ses paysages spectaculaires et sa capacité d’organisation. Pour ces jeunes coureurs, souvent en provenance des meilleures équipes de développement mondiales, s’imposer ici est un accélérateur de carrière. La bataille pour les places d’honneur et les victoires d’étapes reste donc aussi intense que la lutte pour le classement général.



