La Confédération Africaine de Football (CAF) a rendu publiques de lourdes sanctions disciplinaires suite aux incidents ayant entaché la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 entre le Sénégal et le Maroc. Les autorités footballistiques ont frappé fort, visant principalement le camp sénégalais, vainqueur de la rencontre, mais également le pays hôte marocain.
Le sélectionneur sénégalais Pape Thiaw écope d’une suspension de cinq matches et d’une amende de 100 000 dollars pour avoir ordonné à ses joueurs de quitter le terrain. Deux de ses attaquants, Iliman Ndiaye et Ismaïla Sarr, sont suspendus pour deux matches pour insultes et comportement antisportif envers l’arbitre. La Fédération sénégalaise (FSF) doit, quant à elle, régler plusieurs amendes totalisant 615 000 dollars, notamment pour les débordements de son groupe de supporters, le « 12e Gaindé ». Du côté marocain, la Fédération royale marocaine de football (FRMF) est condamnée à payer 315 000 dollars pour des infractions commises par ses ramasseurs de balles, l’envahissement de la zone VAR et l’usage de lasers. Les joueurs Achraf Hakimi et Ismael Saibari sont suspendus pour leur implication dans « l’affaire des serviettes » du gardien sénégalais Édouard Mendy.
Ces sanctions font suite à une finale extrêmement tendue, remportée par le Sénégal en prolongation (1-0), et marquée par plusieurs épisodes controversés. L’arbitrage, en particulier un penalty accordé au Maroc en seconde période, avait provoqué la colère du banc sénégalais. L’ambiance électrique dans le stade et des actes de hooliganisme présumés, avec toujours 18 supporters sénégalais détenus au Maroc, avaient déjà alourdi le climat post-match. Cette décision de la CAF intervient dans un contexte où l’instance cherche à affirmer son autorité et à restaurer l’image du football africain, souvent critiquée pour des problèmes d’organisation et de discipline.
Les conséquences de ces sanctions seront immédiates. Pour le Sénégal, l’absence du sélectionneur Pape Thiaw, dont le contrat arrive à terme, et de deux cadres offensifs compliquera la préparation des prochaines échéances, bien que la suspension ne concerne pas la Coupe du Monde 2026. La FSF, déjà en tension avec la CAF, devra gérer un lourd fardeau financier. Pour le Maroc, les sanctions, bien que moins sévères, entachent l’héritage de son organisation et rappellent les pressions exercées par un public local. Les deux fédérations ont la possibilité de faire appel, mais les sanctions restent exécutoires pendant la procédure.
La rigueur affichée par la commission de discipline, qui s’est appuyée sur des rapports d’arbitres, de commissaires de match et des images vidéo, semble marquer une volonté de la CAF de ne plus tolérer les débordements, même en finale et même impliquant des nations majeures du football continental. Le fait que le président de la commission, le Sénégalais Ousmane Kane, se soit mis en retrait pour ce dossier afin d’éviter tout conflit d’intérêt, participe de cette démonstration de procédure stricte.
Cependant, ces sanctions laissent en suspens des questions plus larges. Elles n’effacent pas les interrogations persistantes sur le niveau d’arbitrage en Afrique, source récurrente de tensions. Par ailleurs, la lourde amende infligée à la FSF pour le comportement de supporters pose la question de la responsabilité des fédérations dans la gestion des foules, un défi crucial pour la sécurité dans les stades africains. L’épisode révèle ainsi les failles structurelles que le continent doit combler pour que son spectacle footballistique atteigne pleinement le niveau d’exigence de sa qualité sportive.



