La frontière entre Uvira, en République démocratique du Congo, et Bujumbura, la capitale burundaise, a rouvert ses portes ce lundi 23 février à l’aube, mettant fin à près de deux mois de fermeture. Sans communication préalable des autorités, le poste frontalier a connu un afflux massif dès 6 heures du matin, signe de l’importance vitale de cette liaison pour les populations des deux pays.
Selon les chiffres communiqués à RFI par les autorités congolaises, près de 10 000 personnes avaient déjà franchi la frontière en milieu de journée. Désormais opérationnelle de 5 heures à 17 heures, cette réouverture met fin à une paralysie qui affectait l’ensemble des échanges entre le Sud-Kivu et le Burundi. Les services douaniers, redéployés depuis dimanche avec du matériel acheminé spécialement de Kinshasa, ont immédiatement repris la collecte des recettes, suspendue durant l’occupation.
Ce point de passage stratégique était resté hermétique depuis la prise d’Uvira par l’AFC/M23, le 10 décembre 2025. Si la ville a été reprise le 19 janvier 2026 après le retrait du mouvement soutenu par Kigali, les autorités ont maintenu la fermeture pendant plus d’un mois supplémentaire. Les sources sécuritaires des deux côtés évoquaient des craintes légitimes : risque de retour des rebelles dans la zone et possibilité d’infiltrations à la faveur de la réouverture.
Des deux côtés de la frontière, les responsables sécuritaires ont conditionné la réouverture à l’obtention de garanties solides. Selon les autorités, la menace a été “significativement réduite” grâce à une combinaison d’opérations militaires et de démarches diplomatiques. Ces précautions expliquent le délai supplémentaire observé entre la reprise du contrôle d’Uvira et la réouverture effective du poste frontalier.
Au-delà des considérations sécuritaires, l’urgence de cette réouverture répond à des impératifs économiques majeurs. Une part considérable des échanges du Sud-Kivu et du Burundi dépend de cet axe commercial. Mais l’enjeu est aussi profondément humain : des familles entières sont réparties de part et d’autre de la limite administrative. Des élèves résidant à Uvira poursuivent leur scolarité à Bujumbura, tandis que des travailleurs et des agriculteurs traversent quotidiennement pour leurs activités. Enfin, la dimension humanitaire s’ajoute à cette équation complexe, avec des milliers de personnes vivant dans les camps de réfugiés qui cherchent désormais à explorer d’autres solutions.



