Les pays d’Afrique subsaharienne ont consacré 23,6 milliards de dollars à leur Défense en 2025, soit une hausse de 19 % par rapport à l’année précédente. C’est ce qui ressort du rapport « The Military Balance » publié par l’International Institute for Strategic Studies (IISS), un think tank londonien de référence sur les questions de sécurité. Cette augmentation à deux chiffres contraste avec la tendance mondiale, où la croissance des budgets défensifs ralentit, et traduit l’urgence sécuritaire à laquelle est confrontée une partie du continent.
Cette hausse s’explique principalement par la détérioration des situations sécuritaires dans plusieurs pays de la région. Le Soudan est en proie à une guerre ouverte entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR). En République démocratique du Congo, la rébellion du M23 a ravivé les tensions dans l’Est. L’Éthiopie et le Soudan du Sud, de leur côté, peinent à consolider leurs fragiles accords de paix. Autant de foyers de violence qui poussent les gouvernements à renforcer leurs capacités militaires.
Le Nigeria illustre parfaitement cette tendance. Confronté à une insurrection jihadiste dans le Nord-Est et à une vague de banditisme dans le Nord-Ouest, Abuja a presque doublé son budget défensif, passé de 1,17 milliard de dollars en 2024 à 2,29 milliards en 2025. En revanche, l’Afrique du Sud, qui dispose historiquement du plus gros budget militaire de la région, a enregistré une légère baisse de 2,5 %, à 3,6 milliards de dollars, signe que la pression sécuritaire n’y est pas du même ordre.
À l’échelle mondiale, les dépenses militaires ont atteint 2 630 milliards de dollars, en hausse de 2,5 % sur un an. Cette progression est moins soutenue que les années précédentes, en raison notamment d’un repli américain : Washington a dépensé 921 milliards en 2025, contre 968 milliards en 2024, sous l’effet de la réduction de l’aide à l’Ukraine. La Russie, elle, n’a augmenté son budget que de 3 %, à 186,2 milliards, en optimisant son complexe militaro-industriel.
L’Europe, en revanche, poursuit son réarmement accéléré. Avec 563 milliards de dollars alloués à la Défense en 2025, la hausse atteint 12,6 %. La région pèse désormais plus de 21 % du total mondial, contre 17 % en 2022. L’Asie suit la même trajectoire, avec 573 milliards de dollars, portée par la Chine dont le budget est estimé à 251,3 milliards. Sans Pékin, la croissance asiatique tombe à 3,7 %.
La région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) a vu ses dépenses croître de 4,5 %, à 219 milliards de dollars, hors aide américaine. L’Algérie et Israël concentrent près de 70 % de cette augmentation, dans un contexte marqué par les affrontements entre Israël et le Hamas, ainsi que par l’escalade de douze jours entre Téhéran et Tel-Aviv. Une nouvelle preuve que l’instabilité régionale reste le principal moteur de la course aux armements.



