La République du Congo et la République démocratique du Congo (RDC) ont décidé de joindre leurs forces pour exploiter le potentiel énergétique du fleuve qui les sépare et les unit. Les deux gouvernements développent actuellement un programme commun de construction de plusieurs centrales hydroélectriques, dont la puissance cumulée pourrait atteindre 9 000 mégawatts (MW). Cette initiative, rapportée par les médias locaux, marque une étape significative dans la coopération bilatérale autour de ce patrimoine fluvial partagé.
Concrètement, le projet se décompose en deux volets nationaux distincts mais complémentaires. Côté RDC, l’effort se concentre sur le site de Pioka-Tombe, où une puissance minimale de 6 120 MW est attendue. De l’autre côté du fleuve, les autorités congolaises de Brazzaville mènent des études sur les sites de Linzolo, Mbanza-Ndounga et Kintélé. L’objectif pour cette partie est d’atteindre une capacité maximale de 2 710 MW. L’ensemble forme un programme énergétique d’envergure visant à mobiliser le cours d’eau le plus puissant d’Afrique.
Cette ambition industrielle répond à une réalité économique pressante : le déficit énergétique chronique qui freine le développement des deux pays. En RDC, le secteur minier, poumon de l’économie nationale, subit un manque estimé à 3 500 MW, tandis que la région de Kinshasa connaît un déficit d’environ 1 000 MW, provoquant des délestages récurrents qui pénalisent ménages et entreprises. Pour Brazzaville, l’enjeu est tout aussi stratégique, alors que la demande intérieure ne cesse de croître.
Le fleuve Congo, qui constitue la frontière naturelle entre les deux capitales, n’est pas qu’un simple trait de carte. Il est considéré par les autorités comme un levier prioritaire pour parvenir à une intégration énergétique régionale équilibrée. Le ministre des Ressources hydrauliques de la RDC, Aimé Molendo Sakombi, a rappelé cette vision commune, insistant sur le caractère partagé de cette ressource et sur la nécessité de la valoriser ensemble pour le bénéfice des populations des deux rives.
Au-delà de la satisfaction des besoins immédiats, ce programme soulève la question de son financement et de son calendrier de réalisation. Développer des centrales de cette ampleur sur un fleuve au débit colossal nécessite des investissements technologiques et financiers considérables, ainsi qu’une coordination technique sans faille entre Kinshasa et Brazzaville. Si elles aboutissent, ces infrastructures pourraient non seulement résorber les pénuries actuelles, mais aussi positionner la région comme un futur hub énergétique capable d’exporter de l’électricité vers les pays voisins du Pool énergétique d’Afrique centrale.



