La République démocratique du Congo tient son groupe pour l’ultime étape de sa campagne en vue du Mondial 2026. Le sélectionneur Sébastien Desabre a officialisé ce mercredi une liste de 26 joueurs qui disputeront le barrage intercontinental, programmé le 31 mars prochain à Guadalajara, au Mexique. Face à un adversaire qui sera soit la Jamaïque, soit la Nouvelle-Calédonie, les Léopards tenteront de décrocher un billet historique pour la phase finale de la Coupe du monde.
Pour cette échéance décisive, le technicien français a choisi la stabilité. La sélection s’articule autour de l’ossature qui a porté l’équipe lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations, où la RDC avait été éliminée en huitièmes de finale. Des cadres comme le défenseur Chancel Mbemba, l’attaquant Cédric Bakambu ou encore l’ailière Meschak Elia sont rappelés. Cette base solide est renforcée par le retour très attendu de Yoane Wissa, un atout offensif de poids qui avait manqué à l’appel lors des dernières échéances.
L’enjeu est immense : une deuxième participation à un Mondial après celle de 1974, alors que le pays s’appelait encore le Zaïre. Ce match à Guadalajara représente donc bien plus qu’une simple rencontre ; il incarne la possibilité de sortir de l’ombre d’un exploit vieux de plus d’un demi-siècle. La pression est d’autant plus forte que l’échec en huitièmes de finale de la CAN 2025 a laissé un goût d’inachevé dans un pays passionné, où le football est souvent vécu comme une affaire d’État.
Si la confiance domine dans le camp des Léopards, l’horizon n’est pas totalement dégagé. Au sein du public congolais, la prudence est de mise. Beaucoup redoutent que cette fidélité aux mêmes hommes ne conduise à reproduire les mêmes faiblesses aperçues lors de la CAN : un jeu trop stéréotypé, un excès de prudence défensive et une créativité en berne face à des blocs adverses bien organisés. Le pari de Sébastien Desabre est que l’expérience du groupe et l’apport de Wissa feront la différence dans un match couperet, où la gestion des émotions sera aussi cruciale que le talent.
Le choix de la continuité suscite toutefois des critiques plus structurelles. L’absence totale de joueurs évoluant dans le championnat local est pointée du doigt. Pour une partie des observateurs, cette décision expose la Fédération à un risque à long terme : celui de négliger le vivier national et de créer une dépendance exclusive aux binationaux. L’argument avancé est simple : si les “Léopards” de l’étranger venaient à faire défaut, aucun relais local ne serait prêt à prendre la relève. Un déséquilibre qui, selon les détracteurs, fragilise la construction d’un football congolais véritablement durable.



