Alors qu’aucune issue diplomatique ne semble se dessiner dans le conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran, Donald Trump a exclu tout cessez-le-feu, revendiquant une stratégie d’anéantissement total de l’adversaire. Dans une déclaration à la presse vendredi, le président américain a réaffirmé que l’objectif commun avec Israël était la victoire militaire, ajoutant que l’Iran subissait des frappes d’une intensité sans précédent. Parallèlement, il a violemment critiqué l’OTAN et le Canada, qualifiant les alliés de « lâches » pour leur refus de s’engager militairement dans le détroit d’Ormuz.
Sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a précisé que les opérations américaines au Moyen-Orient seraient graduellement réduites, tout en réitérant son opposition à toute trêve. « Je ne veux pas faire de cessez-le-feu. Vous savez, vous ne faites pas de cessez-le-feu quand vous anéantissez littéralement l’adversaire », a-t-il déclaré. Dans le même temps, le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a affirmé que son pays avait infligé un « coup vertigineux » à ses ennemis, décrivant les déclarations américaines comme « contradictoires et absurdes ». Les deux camps affichent ainsi une détermination sans compromis, verrouillant toute perspective de désescalade à court terme.
Cette rhétorique belliqueuse intervient dans un contexte où la communauté internationale tente de maintenir une pression unifiée sur Téhéran sans pour autant s’engager directement dans un conflit armé. Jeudi, le Canada, aux côtés du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, des Pays-Bas et du Japon, a signé une déclaration commune affirmant sa volonté de contribuer à la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz. Pourtant, Washington perçoit cette initiative comme insuffisante, dénonçant une solidarité atlantique jugée en retrait alors que les États-Unis supportent l’essentiel des opérations militaires contre l’Iran.
L’évolution du conflit dépendra désormais de la capacité des alliés américains à concilier leurs exigences diplomatiques avec la pression constante de la Maison-Blanche. Or, les positions de Donald Trump n’ont cessé de varier en une semaine : après avoir réclamé un soutien de l’OTAN, il a affirmé mardi que les États-Unis n’avaient jamais eu besoin d’aide, semant la confusion au sein des capitales européennes. Cette instabilité stratégique complique toute réponse coordonnée, alors que l’Iran continue de multiplier les actions de déstabilisation dans le détroit d’Ormuz, un passage essentiel pour les approvisionnements énergétiques mondiaux.
Sécuriser le détroit d’Ormuz relève d’un défi bien plus complexe que ne le laisse entendre le président américain. Selon Rémi Landry, professeur à l’Université de Sherbrooke et lieutenant-colonel à la retraite, l’Iran a vraisemblablement miné la zone, tant en surface qu’à faible profondeur, rendant toute navigation extrêmement périlleuse. Il souligne également que les côtes iraniennes n’ont pas été neutralisées avant le début des frappes israélo-américaines, laissant craindre la présence de bateaux piégés. Enfin, l’usage quotidien de drones explosifs par Téhéran, conjugué à la configuration complexe du détroit, réduit considérablement l’efficacité d’une simple mission d’escorte.
Pour le Canada et ses partenaires européens, la difficulté réside autant dans la réalité opérationnelle que dans l’imprévisibilité de leur allié américain. Ottawa s’est dit ouvert à contribuer à la sécurité du détroit, sans pour autant préciser la nature de son engagement. Le cabinet du premier ministre Mark Carney a offert quelques garanties aux alliés du Golfe, mais Rémi Landry estime qu’une mission de déminage, malgré l’expertise canadienne en la matière, ne saurait être organisée à brève échéance. Dans ce contexte, la déclaration commune des sept pays apparaît davantage comme un geste politique que comme une préparation à une intervention militaire immédiate.



