La Sénégalaise Oumy Diop a marqué les esprits mercredi 6 mai à Oran en remportant la médaille d’or du 50 m papillon aux Championnats d’Afrique de natation. Son chrono de 27 secondes 03 lui offre non seulement un nouveau record national, mais aussi les minima B de World Aquatics pour les Mondiaux de Pékin en décembre 2026. Une performance qui place d’emblée cette édition sous le signe de la haute compétition.
Pour décrocher son billet pour Pékin, Oumy Diop devait réaliser un temps inférieur à 27 secondes 15. Elle a finalement nagé douze centièmes de seconde sous cette limite, confirmant sa progression constante depuis sa désignation comme ambassadrice des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026. Derrière elle, la Gabonaise Noélie Lacour a pris le bronze en 28 secondes 23, signe d’une concurrence encore modeste mais en hausse sur cette distance.
Organisée du 5 au 10 mai au centre aquatique du complexe olympique Miloud Hadefi d’Oran, cette 17e édition réunit près de 450 nageurs issus d’une quarantaine de pays africains. Historiquement dominée par l’Afrique du Sud et l’Égypte, la compétition voit émerger ces dernières années des nations comme le Sénégal, Madagascar ou l’Algérie, qui investit lourdement dans ses infrastructures depuis les Jeux méditerranéens de 2022. Le rendez-vous oranais sert aussi de tremplin direct vers les championnats du monde, ce qui élève son niveau technique.
Les minima décrochés par Oumy Diop ouvrent une fenêtre intéressante pour la natation ouest africaine, encore sous représentée sur la scène mondiale. Pour Pékin 2026, d’autres qualifications restent possibles lors des prochaines journées de compétition, notamment sur 100 m papillon ou en nage libre. À terme, ces Championnats d’Afrique pourraient accélérer la professionnalisation des nageurs du continent, à condition que les fédérations nationales maintiennent un calendrier international dense et un accès aux bassins de référence.
Madagascar confirme son vivier prometteur avec deux médailles supplémentaires. Raharvel Jonathan a pris l’argent sur 100 m brasse, tandis qu’Océane Rakotonanahary, 15 ans seulement, a décroché le bronze dans la même discipline en améliorant un record national vieux de 35 ans. L’ancienne marque de Vola Ratsifandrihamanana (1’15’’96) datait de 1991. Une telle longévité statistique révèle à quel point le renouvellement des élites reste un défi sur le continent.
Pays hôte, l’Algérie a terminé la première journée avec cinq médailles, dont l’or de Djaouad Syoud sur 200 m papillon en 1 minute 00 seconde 07. Son compatriote Fares Ben Zidoune a pris l’argent sur la même épreuve, signe d’une densité locale encourageante. Reste une ombre au tableau : en l’absence des grandes nations traditionnelles du Nord et du Sud du continent, ces résultats doivent être relativisés. La véritable mesure du niveau africain se fera lors des prochaines échéances internationales, où les minimas mondiaux ne feront aucun cadeau.



