Un passager du navire de croisière MV Hondius est hospitalisé à Zurich après contamination par le virus Andes, souche de hantavirus la plus redoutée d’Amérique du Sud. Au 6 mai, l’Organisation mondiale de la santé recensait huit cas à bord, dont trois confirmés en laboratoire. Aucun traitement spécifique ni vaccin n’existe contre cette maladie dont le taux de létalité peut atteindre 50 %.
Fièvre brutale, céphalées, douleurs musculaires, puis détresse respiratoire : le syndrome cardiopulmonaire à hantavirus évolue en deux temps. Les premiers signes, semblables à ceux d’une grippe ou d’un Covid, rendent le diagnostic précoce difficile. La forme grave se caractérise par une accumulation de liquide dans les poumons et un choc cardiovasculaire. Seule une prise en charge rapide en soins intensifs améliore le pronostic.
Le virus Andes est endémique en Argentine et au Chili. Contrairement aux autres hantavirus, transmis à l’homme par inhalation d’urine ou d’excréments de rongeurs, il est le seul à avoir documenté une transmission interhumaine. Celle ci reste rare, limitée à des contacts étroits et prolongés au sein d’un même foyer, et survient surtout en phase aiguë de la maladie. L’absence de traitement antiviral homologué place la surveillance clinique au cœur de la réponse sanitaire.
L’OMS assure le suivi international des passagers et membres d’équipage du MV Hondius, y compris ceux déjà débarqués, en application du Règlement sanitaire international. Le risque global pour la santé publique est jugé faible. Cependant, cet épisode rappelle la vulnérabilité des environnements clos à bord de navires de croisière face à des pathogènes rares mais sévères. Les autorités sanitaires devront renforcer les protocoles de détection et d’isolement face à des maladies émergentes sans vaccin.
La confirmation diagnostique repose sur la détection d’anticorps spécifiques et la RT PCR. L’OMS insiste sur le risque biologique élevé des échantillons non inactivés, qui doivent être manipulés en confinement maximal. Cette exigence complique les analyses à bord ou dans des laboratoires peu équipés, ralentissant la riposte. L’épisode du MV Hondius met en lumière les failles potentielles dans la coordination des diagnostics entre pays, alors même que la mobilité mondiale accélère la propagation de microbes jusqu’alors circonscrits à des foyers régionaux.



