Le Togo s’engage à restaurer 20 000 hectares de forêts et des milliers d’hectares de terres dégradées d’ici 2027. L’annonce a été faite lors d’une réunion de coordination à Kpalimé, dans le sud ouest du pays. Les autorités affichent une volonté claire : inverser la tendance d’une déforestation progressive qui fragilise les écosystèmes et accroît les risques climatiques.
Cet objectif ne relève pas d’une simple déclaration. Il s’inscrit dans un programme conjoint entre le gouvernement togolais, via le ministère de l’Environnement, et l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO). La restauration des forêts est présentée comme une réponse directe à la dégradation des terres, à la perte de biodiversité et à l’insécurité alimentaire. Les exposés techniques de la réunion de Kpalimé ont insisté sur un point : sans action rapide, les populations rurales seront les premières victimes des sécheresses et des inondations.
Le programme s’insère dans l’initiative africaine AFR100, soutenue par le ministère allemand de la Coopération économique (BMZ). L’ambition continentale est massive : restaurer 100 millions d’hectares en Afrique d’ici 2030. Pour le Togo, l’objectif spécifique est de réhabiliter 1,4 million d’hectares de paysages dégradés à la même échéance. Ce chiffre dépasse largement l’annonce de 2027, signe que les 20 000 hectares ne constituent qu’une première étape, symbolique mais cruciale.
Au delà de l’urgence écologique, la restauration forestière est présentée comme un levier de développement rural durable. Les projets associés doivent générer des revenus pour les communautés locales, via la reforestation participative, l’agroforesterie et la gestion durable des ressources. Reste à savoir si les mécanismes de financement et de suivi seront à la hauteur. L’expérience montre que de nombreux plans africains de restauration échouent par manque de coordination locale ou de moyens pérennes.
Les parties prenantes réunies à Kpalimé ont insisté sur la nécessité d’impliquer directement les villages et les exploitants agricoles. Car la déforestation togolaise est avant tout liée à l’agriculture sur brûlis, au charbon de bois et à l’expansion des cultures de rente. Ignorer ces réalités économiques condamnerait toute politique de reboisement. Le gouvernement affirme vouloir associer les populations à la gouvernance des projets. Les habitants attendent des preuves concrètes, pas des engagements de façade.



