La passation de service entre Ousmane Sonko et Ahmadou Al Aminou Lô s’est déroulée ce vendredi 29 mai 2026 à Dakar, officialisant ainsi le changement à la tête du gouvernement sénégalais. Trois jours après le limogeage de son prédécesseur, le nouvel homme fort de la Primature prend ses fonctions dans un climat d’attente, car la composition du futur gouvernement n’a toujours pas été dévoilée.
Ahmadou Al Aminou Lô, économiste de 60 ans, hérite d’une mission lourde : conduire l’action gouvernementale alors que les attentes des Sénégalais restent élevées sur les plans économique, social et institutionnel. Si son installation officielle marque une étape formelle indispensable, l’absence d’annonce sur la nouvelle équipe ministérielle nourrit les spéculations. Quels portefeuilles seront reconduits ? Quelles figures nouvelles feront leur entrée à l’Exécutif ? Les arbitrages présidentiels sont désormais scrutés de près.
Ce changement intervient après deux années marquées par une gouvernance sous haute tension. Ousmane Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale depuis le 26 mai, avait qualifié son expérience à la tête du gouvernement de « responsabilité harassante et extrêmement exigeante ». Son limogeage, intervenu trois jours avant la passation, a rappelé la fragilité des équilibres au sein de l’Exécutif sénégalais, où les recompositions sont souvent perçues comme des réponses à des tensions politiques latentes.
Les regards se tournent à présent vers le président de la République, dont les arbitrages détermineront la capacité du nouveau Premier ministre à agir rapidement. Sans gouvernement complet, Ahmadou Al Aminou Lô ne peut encore déployer de politique cohérente. L’annonce imminente de l’équipe ministérielle devrait lever le voile sur les priorités de l’État, notamment en matière de réformes économiques et de dialogue social. Les prochains jours seront décisifs.
Lors de la cérémonie, Ousmane Sonko a surpris plus d’un observateur en promettant le soutien du Parlement au nouveau chef du gouvernement. « Le Premier ministre occupe une position qui fait de lui un interlocuteur quotidien de l’Assemblée nationale. Nous serons présents pour accompagner son action dès lors qu’elle servira les intérêts du Sénégal », a déclaré l’ancien Premier ministre, désormais à la tête de l’institution législative. Une déclaration qui dessine une cohabitation institutionnelle inédite, où l’exécutif et le législatif, bien que distincts, affichent une volonté commune d’éviter l’affrontement.
Ahmadou Al Aminou Lô, visiblement ému, a comparé son arrivée à la Primature à « un retour au pays natal », soulignant que ce lieu ne lui était pas étranger. Cette formule, empreinte de symbolisme, cherche sans doute à rassurer sur sa légitimité et sa connaissance des rouages de l’État. Reste à savoir si cette familiarité avec l’administration lui permettra d’imprimer rapidement sa marque, alors que Sonko, libéré du poids de la charge gouvernementale, confiait son « soulagement » après deux années qu’il dit avoir été « particulièrement pénibles ».



