Le Cameroun et la Côte d’Ivoire vont bientôt supprimer l’obligation de visa entre leurs territoires. L’annonce a été faite le 28 mai 2026 à Abidjan par l’ambassadrice du Cameroun, Marie-Yvette Koloko, à l’occasion de la célébration de la 54ᵉ fête nationale camerounaise. Aucune date d’entrée en vigueur ni modalité précise n’ont toutefois été communiquées.
L’accord d’exemption de visa entre Yaoundé et Abidjan s’inscrit dans une dynamique de coopération bilatérale déjà active dans les domaines du commerce, des investissements, des transports, de l’éducation, de la culture et de la sécurité. La diplomate camerounaise a présenté cette mesure comme un levier pour fluidifier les échanges entre les deux pays. En l’absence de détails supplémentaires, il reste à savoir si l’exemption sera réciproque, temporaire ou totale, et quelles catégories de voyageurs seront concernées.
Les relations diplomatiques entre le Cameroun et la Côte d’Ivoire sont établies depuis mars 1971. Elles ont toujours été marquées par une coopération politique et économique soutenue, même si la mobilité des personnes restait soumise à des contraintes administratives classiques. La célébration du 20 mai, date du référendum de 1972 qui a consacré l’État unitaire camerounais, a servi de cadre symbolique à cette annonce. Dans un contexte international instable, les deux pays cherchent à consolider leurs liens pour attirer les investissements et renforcer l’intégration régionale.
Si l’accord se concrétise, il pourrait stimuler les échanges commerciaux et l’installation d’entrepreneurs camerounais en Côte d’Ivoire. Le secrétaire général du ministère ivoirien des Affaires étrangères, Evariste Yapi Koffi, a explicitement invité les hommes d’affaires camerounais à tirer profit du plan national de développement ivoirien 2026‑2030. À plus long terme, cette mesure pourrait inspirer d’autres pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale à assouplir leurs régimes de visa, favorisant ainsi la libre circulation sur le continent.
La cérémonie a également été l’occasion de distinguer deux personnalités religieuses pour leur engagement social : la pasteure Liliane Sanogo, de l’Église Vase d’honneur, et le révérend docteur Raoul Wafo. Tous deux ont dédié leurs décorations à des causes collectives, les femmes pour l’une, la paix sociale pour l’autre. Ces hommages, au cœur d’une fête nationale, montrent que la diplomatie camerounaise en Côte d’Ivoire ne se limite pas aux aspects politiques et économiques, mais intègre aussi le tissu associatif et spirituel.
Présent depuis treize ans à Abidjan, l’entrepreneur Guy Roger N’Gnatcha a résumé l’ambiance de la soirée en remerciant la « terre d’Éburnie » pour les opportunités offertes à la diaspora camerounaise. Son témoignage illustre l’attractivité réelle de la Côte d’Ivoire pour les ressortissants camerounais, bien au delà des discours officiels. Reste que sans calendrier précis ni cadre juridique clair, l’annonce de l’exemption de visas pourrait n’être qu’un vœu diplomatique. La vérité oblige à dire que, sur le fond, les dirigeants des deux pays devront transformer cette promesse en actes pour que la diaspora en ressente réellement les effets.



