Le Brésil, quintuple champion du monde, n’a pas réussi à s’imposer face au Maroc lors de son premier match de la Coupe du monde 2026. Dans un MetLife Stadium de New York acquis en grande partie à la cause auriverde, la Seleção a concédé un match nul (1-1) qui laisse planer le doute sur sa capacité à dominer son groupe. Le Maroc, demi-finaliste de l’édition précédente, confirme qu’il n’est plus une simple surprise, mais un prétendant crédible aux phases avancées.
Dès l’entame, les Lions de l’Atlas ont imposé un pressing étouffant, mettant à mal une charnière brésilienne maladroite et dépassée. Ismael Saibari, l’attaquant du PSV, a logiquement ouvert le score d’un piqué inspiré (21e), avant que Vinicius Jr, seul Brésilien en jambes, ne rétablisse la parité sur une action individuelle (32e). La seconde période, plus équilibrée, a vu les deux équipes s’annuler sans parvenir à faire craquer l’autre.
Ce résultat s’inscrit dans une tendance lourde : le football africain n’est plus un outsider pittoresque mais un acteur tactique à part entière. Le Maroc, fort de son parcours historique au Qatar en 2022, prouve que sa demi-finale n’était pas un accident. Sous la houlette de Mohamed Ouahbi, l’équipe a su compenser les absences de cadres comme Nayef Aguerd par une organisation collective rodée, une qualité de replacement et une intensité physique rarement vue chez un « petit poucet » continental.
Carlo Ancelotti, qui avait déjà montré son mécontentement à la mi-temps en sortant Casemiro et Roger Ibanez, devra repenser l’équilibre de son milieu et la complémentarité de sa défense. Pour le Maroc, ce match nul ouvre des horizons prometteurs. En tenant tête au favori numéro un, les coéquipiers d’Achraf Hakimi envoient un message clair à leurs futurs adversaires : ils ne viendront pas au Mondial en victimes expiatoires, mais en trouble-fête assumés.
Ce match a également révélé une vérité tactique dérangeante pour les grandes nations historiques. La supériorité technique ne suffit plus si elle n’est pas accompagnée d’une réponse physique et mentale immédiate. Le Brésil a subi durant trente-cinq minutes parce qu’il a cru pouvoir gérer son engagement. Le Maroc, lui, a joué sans complexe, comme une équipe rodée aux joutes internationales de haut niveau.
Enfin, il faut souligner l’intelligence des ajustements opérés par le banc marocain en seconde période. Là où Ancelotti cherchait à colmater les brèches, Ouahbi a injecté du sang neuf pour maintenir la pression. Résultat : une frappe de Neil El Aynaoui dans les arrêts de jeu a failli offrir la victoire aux siens. Ce nul a donc un goût de victoire pour le Maroc, et un arrière-goût d’échec pour un Brésil qui devra rapidement hausser son niveau pour ne pas voir ses ambitions mondiales s’évanouir dès le premier tour.



