La Côte d’Ivoire a remporté une victoire au forceps contre l’Équateur (1-0), jeudi au Lincoln Financial Field, grâce à un but d’Amad Diallo à la 90e minute. Longtemps dominés, malmenés et parfois chanceux, les Éléphants ont fait preuve d’un réalisme clinique dans une rencontre qui leur échappait presque totalement.
Les hommes d’Emerse Faé ont souffert pendant plus de quatre-vingts minutes. La première période a été un calvaire : pertes de balle dangereuses, glissade d’Emmanuel Agbadou offrant une occasion à Enner Valencia, et deux frappes équatoriennes repoussées par la barre transversale de Yahia Fofana (Yeboah Zamora, 24e ; Alan Minda, 30e). Pourtant, les Ivoiriens ont tenu, avant de mieux maîtriser le second acte. L’entrée d’Amad Diallo à la place de Bazoumana Touré a changé le visage de l’attaque. Et alors que le nul semblait acquis, Wilfrid Singo a débordé sur la droite pour centrer en retrait vers Diallo, qui n’a plus eu qu’à pousser le ballon au fond.
Ce succès a une saveur particulière. La Côte d’Ivoire dispute son premier Mondial depuis douze ans, après une traversée du désert marquée par des éliminations cruelles. Face à elle, l’Équateur arrivait avec un statut de favori : deuxième des éliminatoires sud-américaines, derrière l’Argentine, et une série impressionnante de dix-neuf matches sans défaite. Ajoutons une enclave équatorienne massive dans les tribunes – 70 000 supporters quasi unanimes –, et l’on mesure l’ampleur de l’exploit. Les Ivoiriens venaient certes de battre la France en amical (2-1), mais rien ne les préparait à un tel harcèlement.
Avec trois points, la Côte d’Ivoire rejoint l’Allemagne en tête du groupe E, après la démonstration allemande contre Curaçao (7-1). La qualification en seizièmes de finale est désormais à portée de main, à une condition : confirmer samedi prochain face à la Mannschaft (20 juin, 20h TU). Un match nul suffirait presque, mais une défaite remettrait tout en jeu avant le dernier match contre Curaçao, où les Ivoiriens devront impérativement s’imposer. Le scénario du match contre l’Équateur a au moins démontré une qualité précieuse : la capacité à ne pas sombrer et à frapper au bon moment.
L’homme du match est sans conteste Yan Diomandé. L’attaquant du RB Leipzig a été un poison constant sur son côté droit, servant Nicolas Pépé (35e) puis Elye Wahi (52e) – ce dernier trouvant à son tour la barre. Mais l’autre fait marquant est la résilience défensive ivoirienne. Malgré les erreurs individuelles, Yahia Fofana a sorti une parade décisive sur une frappe de Gonzalo Plata (69e). Cette victoire inespérée rappelle que les Éléphants, champions d’Afrique en titre, ont appris à gagner même quand tout les condamne. Reste à voir si cette résurrection par effraction tiendra sur la durée.



