L’Éthiopie, l’Égypte et la Zambie occupent les trois premières places du classement des pays africains où l’électricité est la plus abordable pour les consommateurs résidentiels. Avec des tarifs respectifs de 0,006, 0,021 et 0,024 dollar américain par kilowattheure, ces États devancent largement des nations comme le Cameroun (0,088) qui ferment la marche du top 10. Ce palmarès, établi par le portail Global Petrol Prices pour le premier trimestre 2026, offre une photographie instantanée des disparités de prix sur le continent.
Ce classement repose sur les tarifs moyens de l’électricité, toutes taxes comprises, pour les secteurs résidentiel et commercial. L’écart entre le premier et le dixième est significatif, le tarif éthiopien étant près de quinze fois inférieur à celui du Cameroun. Ce contraste frappant est à mettre en regard avec les réalités économiques de chaque pays. Un prix bas ne signifie pas pour autant un accès universel, une qualité de service optimale ou une production durable. Il s’agit avant tout d’un indicateur de coût pour l’utilisateur final, qui ne reflète ni les subventions massives ni les coûts réels de production.
Ces données s’inscrivent dans un contexte continental marqué par des défis énergétiques structurels. Près de 600 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité, et les réseaux existants souffrent souvent d’une vétusté et d’une capacité insuffisante. Les tarifs bas, comme en Éthiopie ou en Égypte, sont le résultat de politiques de subvention étatiques lourdes, qui pèsent sur les finances publiques et découragent parfois les investissements privés dans le secteur. À l’inverse, des pays comme le Cameroun ou la RDC, dotés d’un potentiel hydroélectrique considérable, peinent à traduire cette ressource en électricité bon marché pour les ménages, en raison de coûts de distribution élevés et d’une efficacité énergétique perfectible.
Les perspectives à moyen terme sont marquées par une pression croissante sur ces tarifs. L’augmentation des coûts des combustibles, la dépréciation des monnaies locales face au dollar et les nécessaires réformes des subventions, souvent exigées par les institutions financières internationales, pourraient inverser cette tendance. Le développement des énergies renouvelables, notamment le solaire, offre cependant une opportunité de stabiliser, voire de réduire les coûts de production dans certains pays. Mais cette transition énergétique requiert des investissements massifs, et sa réussite dépendra de la capacité des États à attirer les capitaux privés tout en protégeant les consommateurs les plus vulnérables.
Un élément de lecture essentiel est la distinction entre le tarif résidentiel et le tarif commercial. Dans plusieurs pays de la liste, comme l’Algérie ou la Tunisie, les industriels bénéficient de tarifs encore plus bas, destinés à soutenir la compétitivité des exportations et à préserver les emplois. Cette stratégie, si elle est compréhensible, crée un déséquilibre de fait entre les usagers et peut entraîner un effet d’aubaine pour les entreprises, au détriment de la soutenabilité du système. À l’inverse, l’absence de certains géants économiques comme l’Afrique du Sud ou le Maroc dans ce classement rappelle que le coût de l’électricité est un sujet politique sensible, où les choix de société priment souvent sur les seuls impératifs économiques.
Enfin, ces données doivent être interprétées avec prudence. La fiabilité des tarifs déclarés, la structure de la consommation et le pouvoir d’achat des populations sont des paramètres qui relativisent la notion même d’« abordabilité ». Un tarif de 0,024 $ au Soudan n’a pas la même signification pour un consommateur qu’en Zambie, dans des contextes de crise économique et d’inflation divergents. Le classement de Global Petrol Prices est un outil de comparaison utile, mais il ne saurait se substituer à une analyse fine des politiques énergétiques nationales et de leur impact réel sur le quotidien des citoyens. C’est un indicateur, pas un verdict
Au premier trimestre 2026, tarif résidentiel:
- Éthiopie: 0,006$/kWh;
- Égypte: 0,021$/kWh;
- Zambie: 0,024$/kWh;
- Angola: 0,030$/kWh;
- Nigeria: 0,037 $/kWh;
- Algérie: 0,042 $/kWh;
- Soudan: 0,044 $/kWh;
- Tunisie: 0,068 $/kWh;
- RDC: 0,072 $/kWh;
- Cameroun: 0,088 $/kWh.



