Le Maroc est le premier représentant africain à valider son ticket pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Les Lions de l’Atlas ont dominé les Pays-Bas aux tirs au but, lundi à Monterrey, après un match nul prolifique (1-1, 4-3 tab). Une qualification arrachée dans les dernières secondes du temps réglementaire, qui offre aux Marocains un rendez-vous historique samedi 4 juillet à Houston face au Canada, tombeur de l’Afrique du Sud la veille.
La rencontre a longtemps semblé fuir les coéquipiers d’Issa Diop. Menés au score depuis la 72e minute, sur une frappe précise de Cody Gakpo, les Marocains ont subi la maîtrise technique néerlandaise sans jamais rompre. C’est dans le temps additionnel, à la 90e+1, que le défenseur Issa Diop a surgi pour égaliser d’une reprise puissante, forçant les Oranje à disputer une prolongation sans grand relief. La séance de tirs au but a ensuite tourné à l’avantage des Nord-Africains, plus solides mentalement et plus précis dans l’exercice, signant ainsi la première grande performance de la journée dans ce Mondial américain.
Cette qualification s’inscrit dans la continuité du renouveau du football marocain, porté par une génération dorée qui avait déjà atteint les demi-finales du Mondial 2022 au Qatar. Depuis, l’équipe nationale a consolidé son assise défensive et sa capacité à renverser des situations compromises, deux marqueurs de fabrique devenus sa signature. Face aux Pays-Bas, nation historique du football total, le Maroc a prouvé qu’il ne subissait plus le poids des grands rendez-vous, mais qu’il les façonnait à sa manière, avec une discipline tactique et une ferveur collective rarement démenties.
Le prochain obstacle, le Canada, promet un duel ouvert et physique. Les Canadiens, vainqueurs étriqués de l’Afrique du Sud (1-0) dimanche à Los Angeles, ont montré une solidité défensive mais aussi des limites offensives que les Lions de l’Atlas pourront exploiter. Une victoire en huitièmes offrirait au Maroc un quart de finale potentiel face à un ténor du tableau, renforçant encore son statut de surprise permanente. Mais gare à l’excès de confiance : le parcours du championnat du monde est semé d’embûches, et chaque adversaire, aussi modeste soit-il, peut devenir un piège pour les favoris.
Dans les autres rencontres des seizièmes, le Brésil a lui aussi confirmé son rang en éliminant le Japon (2-1) après un score de retour. Menés dès la 29e minute sur un but de Kaishu Sano, les Brésiliens ont inversé la tendance par Casemiro (56e) avant que Gabriel Martinelli ne crucifie les Nippons à la 95e minute. La Seleção affrontera au tour suivant le vainqueur du choc entre la Côte d’Ivoire et la Norvège, programmé mardi 30 juin. Un tableau qui s’éclaircit pour les Auriverde, mais qui pourrait aussi réserver des surprises venues d’Afrique ou d’Europe du Nord.
La grande claque de cette journée est venue du Paraguay, qui a créé l’exploit en éliminant l’Allemagne aux tirs au but (1-1, 4-3 tab). Les quadruples champions du monde, pourtant favoris, ont été rattrapés par leur fébrilité défensive et leur manque de tranchant dans la dernière passe. Cette élimination précoce de la Mannschaft, couplée à la performance marocaine, redessine les hiérarchies de ce Mondial et offre un souffle nouveau aux équipes dites émergentes, qui ne craignent plus de bousculer l’ordre établi. Les Sud-Américains affronteront mardi le vainqueur du duel France-Suède, une affiche qui promet d’être tout aussi indécise.



