La Fédération tunisienne de football (FTF) a choisi Mouine Chaabani pour succéder à Hervé Renard à la tête de la sélection nationale. L’annonce, encore non officialisée mais largement relayée par les médias locaux, intervient après un accord de principe avec le club marocain de la Renaissance sportive de Berkane, où l’entraîneur était sous contrat jusqu’en 2027. L’objectif affiché est clair : inscrire les Aigles de Carthage dans un projet de reconstruction durable, avec pour horizon la Coupe du monde 2030.
Agé de 45 ans, Mouine Chaabani quitte donc le championnat marocain, où il venait de remporter de nouveaux succès avec Berkane, pour relever le défi national. Son staff devrait être largement inspiré de celui qui l’accompagnait au Maroc, gage de continuité dans ses méthodes de travail. La FTF, qui a négocié la clause de départ du technicien, mise sur sa connaissance du football africain et son expérience des compétitions internationales pour insuffler une dynamique nouvelle à un groupe en quête de repères.
Cette nomination survient dans un climat de forte méfiance après la débâcle des Aigles de Carthage lors de la dernière Coupe du monde. Éliminés dès le premier tour avec trois défaites sèches face à la Suède, au Japon et aux Pays-Bas, les Tunisiens ont touché le fond. L’arrivée d’Hervé Renard, dépêché dans l’urgence après le départ de Sabri Lamouchi, n’avait pas permis d’inverser la tendance. Le Français, dont l’avenir restait incertain, a finalement laissé sa place, ouvrant la voie à un projet plus ambitieux et structuré.
Avec un contrat courant jusqu’au Mondial 2030, qui se tiendra au Maroc, en Espagne et au Portugal, Mouine Chaabani dispose d’un temps long, chose rare pour un sélectionneur tunisien. Sa mission ne se limite pas à préparer les échéances immédiates, comme les qualifications pour la Coupe d’Afrique des nations, mais inclut un renouvellement progressif de l’effectif. L’enjeu est de taille : bâtir une équipe compétitive sur la durée, capable de rivaliser avec les nations majeures, tout en restaurant la confiance d’un public désabusé.
Ancien défenseur de l’Espérance sportive de Tunis, Mouine Chaabani s’est forgé un palmarès solide avec deux Ligues des champions africaines en 2018 et 2019. Son passage en Égypte, puis au Maroc, a confirmé sa capacité à gérer des effectifs ambitieux et à s’adapter à des contextes exigeants. Ce parcours hors des frontières tunisiennes lui confère une vision élargie du football continental, atout précieux pour fédérer une équipe nationale en quête de leadership.
La Renaissance sportive de Berkane a accepté son départ en mettant en avant « la dimension patriotique » de la mission, soulignant les liens fraternels entre le Maroc et la Tunisie. Ce geste, inhabituel dans le monde souvent rigide des clubs, témoigne de l’importance accordée à la sélection tunisienne. Reste à savoir si Chaabani parviendra à traduire cette bienveillance en résultats sur le terrain, alors que les attentes des supporteurs, après plusieurs désillusions, demeurent immenses.



