Le quatrième producteur mondial d’or engage près de 900 millions de dollars pour accroître sa production annuelle de 400 000 onces d’ici la fin de la décennie. La Tanzanie, la Guinée et le Brésil concentrent l’essentiel de cet effort d’expansion.
AngloGold Ashanti a annoncé un plan d’investissement d’environ 900 millions de dollars destiné à augmenter sa production annuelle d’or d’au moins 400 000 onces d’ici la fin de la décennie. Le groupe coté à Johannesburg et à New York cible en priorité l’extension de mines existantes en Tanzanie, en Guinée et au Brésil, afin de consolider sa base de production mondiale.
La mine tanzanienne de Geita capte la part la plus importante de l’enveloppe, avec 480 à 580 millions de dollars prévus pour porter sa production annuelle de 492 000 onces en 2025 à 600 000 onces en 2030. Au Brésil, 200 à 250 millions de dollars seront consacrés à l’expansion de Cuiabá, qui doit ajouter 75 000 onces à une base de 194 000 onces en 2025. En Guinée, 70 millions de dollars supplémentaires viseront à accroître de 100 000 onces la production de Siguiri, qui a atteint 289 000 onces l’an dernier. Ces projets s’appuient sur des infrastructures déjà en place, ce qui réduit les délais de mise en œuvre.
Cette annonce intervient alors qu’AngloGold Ashanti a enregistré une progression de 12 % de son excédent brut d’exploitation au troisième trimestre, à 1,57 milliard de dollars, portée par la hausse des prix de l’or. Le groupe a produit 2,164 millions d’onces sur les neuf premiers mois de l’année et vise entre 2,8 et 3,17 millions d’onces en 2026. Cette dynamique s’inscrit dans un environnement africain en mutation : le Ghana a enjoint à AngloGold, à Newmont et au chinois Zijin Mining de recourir à des contractants miniers locaux d’ici décembre 2026, sous peine de sanctions. Une exigence qui pourrait redessiner les chaînes d’approvisionnement du secteur.
Sur la base d’un prix de long terme de 3 000 dollars l’once, le groupe anticipe des taux de rentabilité interne réels supérieurs à 35 % pour ses projets d’expansion. Ces prévisions restent toutefois conditionnées à la stabilité des cours de l’or, à la maîtrise des coûts d’exploitation et au respect des calendriers dans des juridictions aux cadres réglementaires évolutifs. La transition imposée au Ghana constitue un facteur d’incertitude supplémentaire pour l’ensemble des opérateurs présents dans le pays.
En privilégiant l’extension de sites déjà productifs plutôt que de nouvelles acquisitions, AngloGold Ashanti adopte une stratégie prudente. Geita, l’une des plus anciennes mines d’or d’Afrique, bénéficie d’une infrastructure éprouvée qui limite les risques d’exécution. Le choix de Siguiri et de Cuiabá confirme également la volonté du groupe de rentabiliser ses actifs actuels avant d’envisager de nouveaux développements. Reste à savoir si cette approche suffira à maintenir le groupe dans le peloton de tête mondial, face à des concurrents qui multiplient eux aussi les investissements de croissance.
Au-delà des chiffres, ce plan illustre la tension croissante entre les ambitions de production des majors et les exigences des États hôtes en matière de contenu local. La décision ghanéenne de favoriser les contractants nationaux pourrait faire école sur le continent. Pour AngloGold Ashanti, l’enjeu consiste désormais à concilier expansion rapide, rentabilité et conformité aux nouvelles règles locales. La réussite de ce triple défi déterminera la solidité de sa position en Afrique de l’Ouest et de l’Est à l’horizon 2030.



