Menée dès la sixième minute, l’Afrique du Sud a su renverser la tendance en toute fin de match pour arracher un match nul précieux (1-1) face à la République tchèque, jeudi 18 juin à Atlanta. Ce résultat, acquis sur un penalty transformé par Teboho Mokoena à la 83e minute, offre aux Bafana Bafana leur premier point dans ce Mondial 2026. Une bouffée d’oxygène pour une équipe qui avait entamé la compétition par une défaite sèche contre le Mexique (0-2) et qui voyait déjà sa qualification s’éloigner.
L’entame tchèque fut pourtant idéale. Michal Sadílek, d’une frappe précoce, a inscrit le but le plus rapide du tournoi jusqu’ici, plaçant d’emblée les Européens sur orbite. Pendant une bonne heure, la formation de Jaroslav Šilhavý a maîtrisé le rythme, muselant les attaquants sud-africains et multipliant les projections dangereuses. Mais les hommes d’Hugo Broos ont trouvé les ressources pour hausser leur intensité après la pause, bousculant une défense tchèque qui a fini par craquer sur une main de Pavel Šulc dans la surface. Mokoena, imperturbable, a fusillé le gardien pour inscrire le premier but sud-africain dans cette Coupe du monde.
Ce scénario s’inscrit dans la trajectoire récente des Bafana Bafana sur la scène internationale. Vainqueurs de la CAN 2023, ils abordent ce mondial avec un statut nouveau, celui d’une nation montante du football africain, mais aussi avec l’attente d’une génération dorée. Leur jeu, souvent fondé sur la vitesse et la technique, peine encore à s’imposer face à des blocs européens disciplinés. Ce nul, aussi frustrant soit-il pour les Tchèques, redonne du crédit à une équipe sud-africaine qui avait été critiquée pour son manque de tranchant offensif lors du premier match.
Les perspectives, pour les deux formations, restent entières mais étroites. Avec un point chacun, Tchèques et Sud-Africains occupent les places basses du groupe A, derrière le Mexique et la Corée du Sud, tous deux sur trois points avant leur affrontement de jeudi. La dernière journée s’annonce décisive : l’Afrique du Sud devra impérativement battre la Corée du Sud pour espérer une qualification en seizièmes de finale, tandis que la République tchèque sera opposée au Mexique dans un duel tout aussi couperet. Un faux pas et les espoirs de huitièmes s’évaporeront.
Hugo Broos, le sélectionneur belge, ne cachait pas sa fierté après la rencontre. « Je suis très fier de mon équipe. C’est ça les Bafana Bafana : nous aimons produire du beau football et nous créer des occasions », a-t-il déclaré, cité par la FIFA. Il a toutefois tempéré son optimisme en rappelant que son groupe devra hausser son niveau de jeu dès l’entame, sous peine de courir après le score une fois de trop. Le technicien sait que son effectif a les qualités pour bousculer les Asiatiques, mais il devra gérer la pression d’un match couperet où la moindre erreur sera impardonnable.
Ce match nul, statistiquement équilibré selon les données de la FIFA, révèle aussi les limites des deux équipes dans la gestion des moments clés. La Tchéquie, qui avait l’occasion de valider son billet pour le tour suivant, a payé son repli trop précoce. L’Afrique du Sud, elle, a prouvé sa résilience, mais ses carences dans la construction du jeu pendant les trente premières minutes interrogent. Dans un groupe aussi serré, les détails feront la différence. Les Bafana Bafana tiennent un point, mais ils savent que, face à la Corée du Sud, il faudra jouer bien plus qu’un coup de poker.aux favoris du groupe semble, à ce stade, difficile à combler.



