L’équipementier américain Pratt & Whitney a inauguré le 21 avril une usine de composants pour moteurs d’avion dans la région de Casablanca. Implantée sur 12 000 mètres carrés à Nouaceur, cette unité représente un investissement de 76 millions de dollars. Elle marque une étape supplémentaire dans l’intégration du Maroc aux chaînes d’approvisionnement aéronautiques mondiales.
Le site produira des pièces usinées de haute précision destinées aux moteurs de la gamme PT6, largement déployée à l’international. À horizon 2030, l’usine devrait créer environ 200 emplois. Pour Pratt & Whitney, cette implantation vise à accroître sa capacité industrielle face à une demande soutenue en moteurs performants et fiables. La présidente de Pratt & Whitney Canada, Maria Della Posta, a décrit cette installation comme une extension stratégique visant à renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Le Maroc consolide depuis vingt ans sa présence dans l’aéronautique en attirant des acteurs majeurs comme Airbus, Boeing, Safran ou Thales. Le secteur compte aujourd’hui 150 entreprises, rassemblées pour la plupart dans le parc Midparc de Nouaceur et l’Aéropole de Casablanca. Ce développement repose sur des incitations fiscales, un accès au foncier locatif à prix réduit, et une main d’œuvre qualifiée. En 2024, la filière représentait 26 000 emplois et 2,85 milliards de dollars d’exportations, selon les données du Centre régional d’investissement de Casablanca-Settat.
🇲🇦🇺🇸✈️|L'usine de Pratt & Whitney a été inaugurée à Nouaceur
Pratt & Whitney a inauguré son usine à Midparc à Nouaceur, ce mardi 21 avril 2026.
Avec un investissement de 76 millions $ dont 25% par le gouvernement, ce nouveau complexe industriel contribuera à la production de… https://t.co/rB6htEC4wb pic.twitter.com/0kbnLyRsZ5
— Moroccan History 🇲🇦۞ (@MoroccanSories) April 22, 2026
L’arrivée de Pratt & Whitney pourrait accélérer la montée en gamme du Maroc dans les activités à plus forte valeur ajoutée. Le pays structure actuellement son industrie autour de six écosystèmes existants, de l’ingénierie à la maintenance, et en développe quatre autres, dont l’industrie spatiale et les trains d’atterrissage. L’usine de Nouaceur s’inscrit dans cette dynamique. Reste à savoir si le royaume parviendra à former assez de techniciens spécialisés pour suivre le rythme des investissements étrangers.
Le ministre marocain de l’Industrie, Ryad Mezzour, a salué les performances du groupe américain tout en rappelant que le Maroc dispose des atouts pour capter une part importante de cette dynamique, notamment dans l’assemblage et la production. Mais ce discours officiel ne doit pas masquer une réalité : la concurrence est féroce sur le continent. Tunisie, Afrique du Sud et Éthiopie développent aussi leurs filières aéronautiques. Pour tenir son rang, le Maroc devra maintenir ses avantages sans sacrifier les conditions de travail ni la formation continue de ses salariés.



