Le 24 février, l’Assemblée générale de l’ONU a réaffirmé son soutien à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, trois ans après l’invasion russe. Ce soutien a pris la forme de l’adoption d’une résolution appuyée par 93 pays, insistant sur le retrait immédiat des troupes russes et la cessation des hostilités. Toutefois, cette résolution a suscité des débats, avec l’échec d’une autre proposition portée par les États-Unis, qui prônait une fin rapide du conflit sans référence explicite à l’intégrité territoriale de l’Ukraine.
Alors que les États-Unis tentaient de promouvoir une initiative axée sur la recherche d’une paix rapide, sans conditions claires sur l’intégrité territoriale, cette proposition a été largement modifiée par des pays européens. Ces amendements ont inclus des critiques directes de la Russie et réaffirmé le principe d’une paix juste pour l’Ukraine. Le texte révisé a été adopté par 93 voix pour, 8 contre et 73 abstentions, alors que les États-Unis ont choisi de s’abstenir, avec la Russie exprimant son désaveu, qualifiant cette résolution de « morceau de papier anti-russe ».
Cette résolution survient dans un contexte géopolitique complexe. Depuis février 2022, les relations internationales sont marquées par la guerre en Ukraine, un conflit qui oppose les forces russes à l’Ukraine, soutenue par l’Occident. L’ONU a régulièrement adopté des résolutions visant à condamner l’agression russe, mais le soutien à l’Ukraine semble s’affaiblir avec le temps. Si la première année de conflit avait vu un large consensus international, les récentes résolutions ont montré une fracture croissante entre les grandes puissances, notamment avec la position ambiguë des États-Unis et les critiques sévères de la Russie.
Les implications de cette nouvelle résolution sont multiples. Bien que l’ONU appelle à un retrait immédiat des troupes russes, l’issue du conflit reste incertaine. La position américaine, qui évolue sous la pression politique interne et la proximité croissante entre Donald Trump et le Kremlin, pourrait affaiblir l’unité des alliés occidentaux. Dans ce contexte, la question d’une « paix juste » semble se heurter à des obstacles majeurs, tant au niveau diplomatique qu’au niveau militaire. La Russie, quant à elle, reste ferme dans sa volonté de conserver ses gains territoriaux en Ukraine, ce qui complique davantage les perspectives de négociation.
Des voix se sont élevées pour soutenir cette position fermée sur l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Mariana Betsa, la vice-ministre ukrainienne des Affaires étrangères, a dénoncé toute tentative de légitimer l’agression russe, insistant sur l’urgence de préserver la souveraineté nationale de son pays. Elle a également souligné que si cette guerre était perçue comme justifiable, aucun autre pays ne serait en sécurité. Cette prise de position a renforcé la légitimité de la résolution adoptée par l’Assemblée générale, au-delà des clivages politiques et diplomatiques.
Malgré l’adoption de cette résolution, il est évident que le soutien à l’Ukraine au sein de l’ONU s’est affaibli. Les précédentes résolutions recueillaient autour de 140 voix, tandis que celle-ci n’a récolté que 93 voix en sa faveur. La multiplication des abstentions et des votes contre, notamment de pays comme la Biélorussie, le Mali et la Russie, témoigne d’une fragmentation croissante sur le sujet au sein de la communauté internationale. Cette tendance pourrait avoir des conséquences sur l’efficacité des actions de l’ONU face à la crise ukrainienne.