L’Union africaine a officiellement salué l’accord de paix conclu entre les États Unis et l’Iran, qui met fin à plus de trois mois d’un conflit ouvert ayant secoué tout le Moyen Orient. Dans un communiqué ferme, Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’UA, a exhorté les deux parties à garantir une mise en œuvre complète du texte, sans attendre.
Annoncé dimanche par Washington et Téhéran, l’accord prévoit un arrêt immédiat et permanent des hostilités sur l’ensemble des fronts, y compris au Liban. Il ouvre une fenêtre de 60 jours de négociations pour régler définitivement la question du programme nucléaire iranien, avec une signature officielle prévue le 19 juin à Genève. Le texte inclut également la réouverture du détroit d’Ormuz à la navigation internationale et l’ouverture de discussions sur une levée progressive des sanctions contre l’Iran.
Le conflit avait éclaté le 28 février 2026, plongeant la région dans une grave crise aggravée par la fermeture d’Ormuz, un goulet par lequel transite près d’un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Pour l’Afrique, cette fermeture avait eu des effets en cascade : flambée des prix de l’énergie, ralentissement des chaînes d’approvisionnement, et tensions sur les finances publiques des pays importateurs nets de carburants.
L’UA voit dans cet accord une opportunité de désescalade régionale aux retombées directes pour les économies africaines. Une baisse durable des prix du pétrole et un retour à la stabilité logistique dans le Golfe soulageraient plusieurs capitales africaines, notamment en Afrique de l’Est et de l’Ouest. Reste que la période de 60 jours de négociations sur le nucléaire iranien reste fragile. Tout accroc pourrait rallumer les hostilités et replonger les marchés dans l’incertitude.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a qualifié l’accord d’« étape cruciale », tandis que le Qatar y voit un levier pour la liberté de navigation. Mais l’Union africaine va plus loin : elle réaffirme son soutien au dialogue comme seul outil viable de règlement des différends internationaux. En prenant position sur un conflit extérieur au continent, l’UA envoie un signal politique clair. Elle ne veut plus subir passivement les chocs externes. Elle entend peser, même modestement, sur les équilibres mondiaux qui affectent directement les Africains.



