La Long Distance Drivers and Conductors Association (LoDDCA), une association kényane de chauffeurs routiers et de convoyeurs, recommande de suspendre les déplacements non essentiels sur le corridor Mahagi–Bunia–Kisangani, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Dans un avis publié le 15 octobre 2026, elle évoque une recrudescence des violences visant les usagers de cet axe commercial.
L’association signale notamment la mort d’un chauffeur kényan, identifié comme Mohamed Tahlil, ainsi que d’autres décès parmi les transporteurs et les civils, sans préciser les circonstances de ces incidents. Elle invite les entreprises à éviter d’envoyer des camions dans les zones affectées sans évaluation actualisée des risques et recommande aux chauffeurs déjà sur place de rejoindre des lieux sûrs.
Cette alerte intervient alors que le corridor connaît déjà des perturbations. En mars 2026, plus de 300 camions-citernes transportant des produits pétroliers étaient immobilisés à Mahagi après une grève de chauffeurs dénonçant l’insécurité et les tracasseries routières, selon Radio Okapi.
Les transporteurs font également état de prélèvements non officiels. Un dossier du mécanisme régional de suivi des barrières non tarifaires recensait 24 barrages sur le tronçon Goli–Mahagi–Kisangani, avec des paiements déclarés d’environ 300 dollars par barrage.
Une réduction du trafic pourrait ralentir l’approvisionnement de Bunia et de Kisangani et augmenter les coûts logistiques. Lors de la grève de mars, le prix du litre de carburant à Bunia était passé de 3 000 à 4 000, voire 5 000 francs congolais en quelques jours.
L’ampleur des conséquences de l’alerte du 15 octobre reste toutefois inconnue : aucun bilan ne précise le nombre de camions ayant effectivement suspendu leurs déplacements. La LoDDCA maintient ses recommandations jusqu’à l’obtention de garanties de sécurité suffisantes.



