Le Soudan du Sud accueille, à partir du 2 avril 2025, une délégation de haut niveau du Groupe des Sages de l’Union africaine, menée par l’ex-président burundais Domitien Ndayizeye et la juge kényane à la retraite Effie Owuor. Cette mission de cinq jours intervient après une semaine de tensions exacerbées, marquée par le placement en résidence surveillée du vice-président Riek Machar, une situation qui alimente des craintes de résurgence de la guerre civile. L’objectif de cette médiation est de relancer le dialogue politique et d’apporter des solutions à la crise qui paralyse le pays.
La mission du Groupe des Sages intervient dans un contexte particulièrement tendu. Une semaine après l’incarcération de Riek Machar par les forces de sécurité du président Salva Kiir, les appels à la libération du vice-président et au rétablissement d’un dialogue inclusif se multiplient. Joram Biswaro, ambassadeur de l’Union africaine au Soudan du Sud, a exprimé l’espoir que la mission parvienne à briser l’impasse politique. Selon lui, le groupe des Sages a pour mission d’aller à la rencontre de toutes les parties prenantes du pays, des autorités politiques aux représentants de la société civile, afin de trouver une issue pacifique à la crise.
Le Soudan du Sud traverse une période de profonde instabilité depuis son indépendance en 2011, notamment après le déclenchement de la guerre civile en 2013, un conflit ethnique et politique qui a fait des centaines de milliers de victimes. Bien que l’accord de paix signé en 2018 ait apporté un certain apaisement, les tensions entre Salva Kiir et Riek Machar restent vives. La mise en résidence surveillée de ce dernier intervient après des mois de confrontations verbales et politiques. Dans ce contexte, l’Union africaine, par l’intermédiaire du Groupe des Sages, cherche à prévenir une nouvelle escalade et à encourager un retour à la négociation.
Les perspectives d’une résolution de la crise sont incertaines. Si la médiation des Sages de l’UA suscite l’espoir, la réalité sur le terrain reste complexe. Le refus de permettre à Raila Odinga, envoyé spécial de l’UA, de rencontrer Riek Machar le 28 mars dernier illustre les difficultés d’un dialogue inclusif. Les autorités de Juba semblent privilégier un contrôle strict de la situation, réduisant la marge de manœuvre des médiateurs. Néanmoins, l’initiative pourrait ouvrir un espace pour la relance des pourparlers entre les différents acteurs politiques, si une pression internationale suffisante est exercée.
Le rôle du Groupe des Sages dépasse le simple cadre diplomatique. En exprimant leur solidarité avec le peuple du Soudan du Sud, ces médiateurs incarnent une volonté de pacification qui repose sur un dialogue inclusif. Selon Biswaro, cet engagement doit aussi concerner les acteurs internationaux, qui doivent soutenir fermement les initiatives de paix. De même, les Églises et les acteurs de la société civile joueront un rôle clé dans ce processus de désescalade, car ce sont eux qui peuvent jouer le rôle de modérateurs face aux clivages profonds au sein de la population.
Pour l’instant, la solution réside dans le dialogue. Malgré les obstacles à la mise en œuvre de l’accord de paix de 2018, l’Union africaine reste convaincue que la seule issue viable à la crise soudanaise passe par la négociation. La mission des Sages aura pour défi non seulement de faciliter ce dialogue mais aussi de convaincre les dirigeants du pays de l’importance d’un compromis durable. La communauté internationale, elle aussi, devra jouer un rôle déterminant pour garantir le respect des accords et soutenir les efforts de médiation à long terme.