Hakainde Hichilema a prêté serment, mardi, pour un deuxième mandat à la tête de la Zambie. Devant une nation encore marquée par les clivages politiques, il a immédiatement placé cette investiture sous le signe de l’unité et de l’urgence économique. Son message est clair : les élections sont désormais derrière, place au travail collectif pour bâtir une croissance inclusive et durable.
Le président réélu a détaillé les priorités de ce nouveau mandat. Après un premier quinquennat consacré selon lui à la stabilisation macroéconomique et à la refondation des institutions, il entend désormais accélérer sur la création d’emplois, le soutien aux entreprises locales et l’augmentation des exportations. Il a exhorté ses concitoyens à produire davantage sur le territoire national, afin de réduire la dépendance extérieure et de mieux valoriser les ressources propres du pays.
Cette réélection intervient dans un environnement régional et continental marqué par des tensions géopolitiques et des incertitudes économiques. La Zambie, pays historiquement minier, peine à diversifier son économie et à rembourser une dette publique lourde héritée des années antérieures. Le premier mandat de Hichilema a été perçu comme un retour à l’orthodoxie budgétaire, mais les attentes populaires restent immenses, notamment en matière de pouvoir d’achat et d’accès aux services de base.
Les mois à venir seront décisifs pour vérifier si les promesses de croissance se traduisent en améliorations concrètes. Les investisseurs internationaux, tout comme le Fonds monétaire international, suivent de près la trajectoire zambienne. La capacité du gouvernement à concilier rigueur financière et politiques sociales déterminera la crédibilité du second mandat. Hichilema devra aussi gérer les tensions sociales si les réformes tardent à produire des effets visibles pour les populations rurales et urbaines défavorisées.
Le président a insisté sur la nécessité de dépasser les fractures politiques. En s’adressant explicitement à ceux qui n’ont pas voté pour lui, il tente de désamorcer les risques de contestation post-électorale. Son appel à la devise « Une Zambie, une Nation, un Peuple » n’est pas anodin : il rappelle les tentatives antérieures d’unité nationale, tout en mesurant le chemin restant à parcourir pour réconcilier une société aux clivages ethniques et régionaux persistants.
Sur la scène étrangère, Hichilema a réaffirmé l’engagement de la Zambie en faveur de la démocratie, de la paix et du commerce ouvert. Ce positionnement vise à rassurer les bailleurs de fonds et les partenaires bilatéraux, dans un contexte où de nombreux pays africains sont tentés par des alliances plus opportunistes. La Zambie cherche à se poser en modèle de stabilité politique en Afrique australe, mais cette image exige des résultats tangibles et une gouvernance irréprochable.
Au-delà du discours, le second mandat de Hichilema sera jugé sur sa capacité à transformer les intentions en actes. La croissance annoncée ne pourra se concrétiser sans une réforme profonde du secteur minier, sans une amélioration du climat des affaires et sans une lutte efficace contre la corruption. Le président l’a rappelé lui-même : le leadership est un devoir, non une récompense. Les Zambiens, eux, attendent désormais que cette devise devienne une réalité quotidienne.



