L’élimination de Nemesio Oseguera Cervantes, alias El Mencho, fondateur et leader du tout-puissant Cartel Jalisco Nouvelle Génération (CJNG), a plongé l’ouest du Mexique dans un bain de sang ce week-end. Soixante personnes ont péri, dont 25 membres des forces de l’ordre, dans une vague d’attaques coordonnées menées par l’organisation criminelle en représailles à la mort de son chef.
Le ministre de la Sécurité, Omar Garcia Harfuch, a détaillé un bilan particulièrement lourd pour l’État. Aux côtés des 25 gardes nationaux, un agent de sécurité et un fonctionnaire du parquet figurent parmi les victimes des forces de l’ordre. Les affrontements ont également coûté la vie à une femme et à une trentaine de membres présumés du cartel. Ces violences, survenues dimanche 22 février dans l’État de Jalisco, ont aussitôt fait craindre une escalade majeure.
Cette offensive sanglante intervient au lendemain d’une opération militaire ayant conduit à la mort d’El Mencho, considéré comme l’un des criminels les plus recherchés au monde. Pour tenter de contenir la riposte du cartel, le gouvernement a annoncé le déploiement de 2 500 soldats supplémentaires dans la région, portant à près de 10 000 le nombre d’hommes stationnés à Jalisco. Le ministre de la Défense, Ricardo Trevilla, a précisé que cette mesure se voulait avant tout dissuasive face à une organisation connue pour sa puissance de feu et son goût pour la violence spectaculaire.
La présidente Claudia Sheinbaum a assuré que « rétablir la paix et la sécurité » demeurait sa priorité absolue. Si elle a indiqué lundi matin que plus aucun axe routier n’était bloqué et que les vols vers la station touristique de Puerto Vallarta devaient reprendre, l’onde de choc de cette opération et de ses représailles dépasse largement le seul État de Jalisco. L’enjeu pour l’exécutif est désormais de maintenir l’ordre sans déclencher une nouvelle spirale de violence sur le long terme.
La mort d’El Mencho, qui dirigeait d’une main de fer le CJNG, crée un vide à la tête d’une des organisations criminelles les plus puissantes et les plus diversifiées du continent. Ce cartel, qui a étendu ses tentacules bien au-delà du trafic de drogue vers l’exploitation minière illégale, le trafic d’armes et l’extorsion, est structurellement préparé à ce type de scénario. La violence de la riposte, par son ampleur et sa coordination, témoigne de sa résilience et envoie un message clair au gouvernement : la guerre ne fait que commencer. L’attention se tourne désormais vers la possible émergence de nouveaux leaders au sein du CJNG et la stratégie que l’État mexicain compte opposer à une hydre dont il vient de trancher la tête.



