Le Maroc confirme son statut de destination privilégiée pour les investisseurs du secteur extractif. Selon le dernier classement annuel de l’Institut Fraser, un think tank canadien de référence, le Royaume a gagné trois places en 2025 pour se hisser au 15e rang mondial de l’attractivité minière. Cette progression significative, dévoilée à la veille de la grande convention de l’Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs (PDAC) à Toronto, témoigne de la confiance renouvelée des acteurs miniers internationaux envers la juridiction marocaine.
Cette performance se mesure par une progression de 4,27 points de l’indice d’attractivité des investissements, permettant au Maroc de passer de la 18e à la 15e position. L’étude, qui a sondé 256 dirigeants de l’industrie à travers le monde, souligne deux avancées majeures. D’une part, le potentiel minier perçu du pays bondit de la 11e à la 9e place mondiale. D’autre part, l’indice de perception des politiques publiques, un indicateur clé mesurant la stabilité et la clarté du cadre réglementaire, s’envole de 6,59 points, propulsant le Maroc au 25e rang.
Cette embellie dans les classements n’est pas le fruit du hasard. Elle intervient alors que les autorités marocaines ont intensifié leur stratégie de valorisation du domaine minier national. Le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable a récemment lancé un appel d’offres inédit portant sur 361 zones d’intérêt situées dans les régions de Tafilalet et Figuig. Pour la première fois, ce sont près de 13 000 kilomètres carrés (1,3 million d’hectares) qui sont ouverts à la concurrence, soit environ 22 % de la superficie totale de cette région minière historique, offrant ainsi un terrain d’exploration sans précédent aux investisseurs.
Les perspectives pour le secteur sont donc orientées à la hausse. En intégrant le top 15, le Maroc se positionne désormais comme un concurrent sérieux face à des juridictions pourtant réputées pour leurs sous-sols riches, comme certains États américains ou provinces canadiennes. Ce nouveau rang devrait accentuer la pression concurrentielle sur les pays africains francophones, traditionnellement plus enclins à attirer les investissements juniors, et conforter le rôle de hub minier que Rabat entend jouer, notamment pour les métaux critiques nécessaires à la transition énergétique mondiale.
Derrière ce succès se cache une réalité plus nuancée qui mérite d’être soulignée. Si le Maroc progresse, le classement confirme la domination sans partage des juridictions nord-américaines et australiennes. Le Nevada (États-Unis) et l’Ontario (Canada) occupent ainsi les deux premières marches du podium. Le top 10 est d’ailleurs trusté par les États-Unis, le Canada, l’Australie et l’Europe, rappelant que si l’attractivité marocaine est en nette progression, le chemin reste long pour rivaliser avec la stabilité géologique et politique séculaire de ces territoires. La réelle valeur ajoutée pour le Maroc résidera dans sa capacité à transformer cette attention nouvelle en contrats d’exploitation concrets et en retombées économiques locales durables.



