Le Ghana se dote d’un outil industriel majeur. Le président John Dramani Mahama a inauguré dans la zone franche de Tema ce qui est présenté comme la plus grande usine de ciment vert au monde. Un investissement de 110 millions de dollars qui porte les ambitions du pays en matière de développement manufacturier et de transition écologique.
Porté par CBI Ghana Ltd, ce complexe a une capacité de production annuelle de 1,5 million de tonnes de ciment bas-carbone. Son objectif est double : répondre aux besoins colossaux du marché local de la construction tout en réduisant significativement l’empreinte carbone du secteur, grâce à une technologie innovante qui limite les émissions de CO₂.

Cette inauguration s’inscrit dans une stratégie nationale plus large de réindustrialisation. Accra, qui mise sur le concept d’« économie 24h/24 », veut tirer parti des opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Le chef de l’État a fixé un objectif clair : porter la part du secteur manufacturier à 15 % du PIB d’ici 2030. « C’est un pas concret vers le repositionnement du Ghana en tant que pôle industriel de premier plan en Afrique », a-t-il déclaré.
Si l’ambition est louable, le défi opérationnel reste entier. L’usine devra prouver sa rentabilité dans un marché ouest-africain déjà très concurrentiel, dominé par des géants comme Dangote. Sa viabilité dépendra de sa capacité à fournir un ciment compétitif tout en tenant la promesse environnementale, alors que l’énergie et la logistique pèsent lourd dans l’équation.
Au-delà de l’aspect écologique, c’est la question de la souveraineté industrielle qui est en jeu. En réduisant sa dépendance aux importations, le Ghana cherche à sécuriser ses chaînes d’approvisionnement pour ses futurs grands chantiers d’infrastructures. Si le modèle fonctionne, Tema pourrait devenir un cas d’école pour d’autres nations africaines cherchant à conjuguer industrialisation rapide et engagement climatique.



