Le chef du Conseil présidentiel libyen, Mohamed Menfi, a présidé dimanche une revue militaire dans l’ouest du pays aux côtés du chef d’état-major, Salah Al-Namroush. L’exercice, officialisé par des sources institutionnelles, vise à évaluer la préparation opérationnelle des forces dans une région stratégique où la fragmentation sécuritaire demeure un obstacle majeur à la stabilité.
Au-delà de l’inspection formelle, la rencontre a consisté en un examen approfondi de rapports sur l’état des opérations en cours et le niveau de coordination entre unités militaires et agences de sécurité. Les discussions ont insisté sur la nécessité de mécanismes conjoints plus efficaces, un levier jugé central pour restaurer la confiance des citoyens dans des institutions publiques usées par des années de concurrence armée.
Cette initiative s’inscrit dans un cycle de recomposition institutionnelle régulièrement avorté depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Malgré des accords politiques successifs, la Libye reste divisée entre l’est et l’ouest, avec des structures militaires parallèles et des milices ancrées dans les équilibres de pouvoir locaux. L’autorité du Conseil présidentiel sur l’appareil sécuritaire est souvent contestée dans les faits, ce qui donne à cet exercice une portée autant symbolique qu’opérationnelle.
Mohamed Menfi a profité de cette revue pour appeler l’ensemble des composantes militaires à privilégier la responsabilité nationale et à se conformer à l’État de droit. L’enjeu est de taille : sans coordination sécuritaire effective, le processus électoral, maintes fois reporté, n’aura pas de cadre viable. La réussite de cette dynamique serait un préalable décisif pour sortir de l’impasse politique, mais elle suppose que les commandements locaux acceptent de céder une part de leur autonomie.
Le commandement militaire a réaffirmé son engagement à suivre les directives du Conseil présidentiel, en mettant l’accent sur la discipline et la préparation. Ce discours de rigueur institutionnelle vise à rassurer les partenaires internationaux, qui conditionnent une partie de leur soutien à l’unification effective des forces. Pourtant, sur le terrain, les allégeances restent largement territorialisées, et la capacité de Menfi à imposer cette autorité unifiée dans l’ouest libyen constituera le véritable test de sa présidence.



