Les membres du gouvernement Bah Oury II ont prêté serment le jeudi 2 avril 2026 au Palais Mohammed V à Conakry, officialisant ainsi le début de leur mandat sous l’autorité du président Mamadi Doumbouya. Cette cérémonie marque la première mise en place opérationnelle de l’exécutif guinéen depuis l’avènement de la Cinquième République.
Chaque ministre s’est présenté individuellement devant le chef de l’État pour prêter serment, conformément aux dispositions légales régissant l’entrée en fonction des membres du gouvernement. Ils se sont engagés par écrit et oralement à respecter les lois de la République, à servir la Nation avec loyauté et à placer l’intérêt général au cœur de leurs missions. La cérémonie s’est déroulée dans une ambiance solennelle, chaque ministre posant la main sur le livre saint de sa confession religieuse pour sceller son engagement, un geste fort qui mêle symbolique personnelle et responsabilité publique.
Nommé en partie le 2 février 2026, le gouvernement Bah Oury II est le premier gouvernement guinéen de la Cinquième République placé sous l’autorité du président Mamadi Doumbouya. Cette transition constitutionnelle intervient après une période de transition politique marquée par la junte militaire au pouvoir depuis 2021. La mise en place de ce gouvernement constitue un test majeur pour la stabilité politique du pays et la crédibilité des nouvelles institutions issues du processus en cours.
Les attentes sont désormais immenses pour cette équipe gouvernementale, appelée à répondre à des défis structurels : réforme de l’État, lutte contre la corruption, redressement économique et organisation des prochaines échéances électorales. Le président Mamadi Doumbouya a profité de cette prestation de serment pour rappeler les exigences liées à la fonction ministérielle, notamment en matière d’exemplarité et de rigueur, laissant entendre que tout manquement serait sanctionné. La tolérance politique s’annonce limitée.
Le choix de faire prêter serment sur le livre saint de chaque confession, loin d’être anodin, traduit une volonté d’ancrage moral de l’action gouvernementale dans une société guinéenne profondément religieuse. Ce geste, salué par une partie de la population, interroge néanmoins sur la place du religieux dans un État laïc. Pour certains observateurs, il s’agit surtout d’un signal adressé aux fidèles pour asseoir la légitimité morale du régime. Pour d’autres, cette formalisation spirituelle ne suffira pas à garantir la probité sans mécanismes de contrôle indépendants et contraignants. La vigilance reste donc de mise.



