L’activiste panafricaniste Kémi Séba a comparu lundi 20 avril 2026 devant le tribunal régional de Prétoria, dans une procédure mêlant soupçons de migration irrégulière, vérification de statut administratif et possibles demandes d’extradition. L’affaire a été renvoyée au 29 avril, date à laquelle la justice sud-africaine examinera une demande formelle de mise en liberté sous caution pour lui et ses coaccusés.
Arrêté le 13 avril à Pretoria en compagnie de son fils Khonsou Seba Capo Chichi, âgé de 18 ans, et d’un ressortissant sud-africain, Kémi Séba est soupçonné par la police locale d’implication dans un réseau présumé de facilitation de passages clandestins vers le Zimbabwe via le fleuve Limpopo, avec un projet de rejoindre l’Europe. Lors de l’interpellation, les forces de l’ordre ont saisi plusieurs téléphones portables ainsi qu’environ 318 000 rands en espèces. Cinq personnes ont comparu lundi, dont François van der Merwe et Stellio Gilles Robert Capo Chichi. Selon les autorités policières, les trois ressortissants béninois demeurent en détention provisoire, le temps de vérifier leur statut d’immigration et leurs adresses déclarées en Afrique du Sud.
Ce n’est pas la première comparution des suspects. Ils avaient déjà été présentés le 15 avril devant le tribunal de première instance de Brooklyn, avant d’être placés en détention provisoire dans l’attente de la suite de l’instruction. Par ailleurs, les services de police sud-africains, en coopération avec Interpol, indiquent que Kémi Séba est également recherché au Bénin pour des faits présumés contre l’État, en lien avec des événements survenus en décembre dernier. Des procédures d’extradition vers Cotonou seraient en cours, ajoutant une dimension régionale à une affaire déjà complexe.
L’audience du 29 avril 2026 sera déterminante. La justice sud-africaine devra se prononcer sur une éventuelle libération sous caution, tout en poursuivant l’examen des demandes d’extradition émanant du Bénin. L’issue de ce volet conditionnera la suite de la procédure sur le fond, notamment les soupçons liés à la migration irrégulière. En parallèle, les vérifications sur le statut administratif des prévenus, y compris la validité de leur passeport, pourraient influencer la position des autorités sud-africaines face aux réquisitions étrangères.
Dans une réaction officielle, le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a affirmé que Kémi Séba est détenteur d’un passeport diplomatique nigérien « régulièrement attribué ». La mission diplomatique du Niger à Pretoria a été sollicitée pour en vérifier l’authenticité. Le chef de la diplomatie nigérienne a également reconnu un dépassement de la durée de séjour autorisée en Afrique du Sud, tout en assurant que les autorités nigériennes suivent le dossier sur la base des informations officielles disponibles. Cet élément pourrait peser dans l’appréciation de la bonne foi du prévenu par le tribunal sud-africain.



